42è partie

42è partie
Dans la voiture, Angie entama la conversation :
- Je tiens à m'excuser...
- De quoi ? s'étonna Methos tout en se concentrant sur sa conduite.
- De vous avoir mal jugé... Je ne vous ai laissé aucune chance.
- Vous avez changé d'opinion sur moi !? s'amusa l'immortel.
- Je pense que vous souhaitez réellement aider Royan, mais il y a tant de choses que vous ignorez à son sujet... murmura-t-elle d'une voix soudain très lasse.
- Si vous acceptiez de m'en parlez, je serais peut être plus apte à aider Royan, fit Methos en détournant légèrement la tête avec curiosité.
Relevant les yeux, Angie ressentit pour la première fois de sa vie le besoin de se confier :
- Notre... Notre famille est assez particulière, commença-t-elle avec hésitations. De tous ceux qui s'y sont frottés, peu s'en sont tirés indemnes...
- Comment cela ?
- Nos parents se sont mariés très jeunes - trop selon certains. Il faut dire qu'ils s'aimaient éperdument l'un, l'autre... D'un amour exclusif qui ne laissait place à personne d'autre dans leurs c½urs, pas même à leurs propres enfants. Quand je suis née, peu après leur mariage, ils m'ont confiée à mes grands-parents paternels.
- Cela a du être très dur pour vous, compatis Methos. Je suis désolé...
- Ne le soyez pas, répondit Angie au grand étonnement de Methos. Quand j'y repense aujourd'hui, je sais que c'était la meilleure solution possible ! Ca m'a permis d'avoir une enfance à peu près stable, plus équilibrée en tout cas que celle qu'eut Royan à n'en pas douter.
- Vous pensez qu'ils manquaient de maturité ?
- Beaucoup l'auraient cru, mais au fond de moi je savais que le problème ne venait pas de là. Ce n'était même pas de leur faute, même si je dois avouer leur en avoir voulu... C'était une question de fond... Ils n'auraient jamais du avoir d'enfants !
- C'est très dur ce que vous venez de dire... murmura Methos après avoir laissé plâner un bref silence.
- J'en ai conscience mais j'ai enfin le courage de reconnaître la vérité et je n'aurai pas honte de cela !
- Malgré tout ils ont choisi de garder Damien, puis Royan... N'étais-ce pas le signe d'un changement de leur part ?
- Je crois qu'ils cherchaient la normalité d'une famille mais c'était une erreur. Ils ont essayé de changer mais ça n'a pas tenu longtemps... Damien est parvenu à se trouver une place mais quand Royan est arrivée...
Elle marqua une pause. Methos l'encouragea à poursuivre :
- Qu'est-il arrivé ?
- D'après ce que je sais, c'était une enfant fragile, et donc pour la première fois notre mère s'est retrouvée face à ses responsabilités. Elle a agi tant bien que mal, mais préférait souvent laisser les enfants à une nourrice pour partir à l'assaut d'une montagne avec père... C'est effrayant à dire mais en dépit de ses efforts, notre mère n'a jamais eu l'once d'un instinct maternel ! Sans doute ne se l'avoue-t-elle pas mais elle aurait préféré que nous ne venions jamais au monde...
Methos était absolument effaré du tableau dépeint par Angie.
- Ils ont toujours veillé à ce que nous ne manquions de rien et que notre éducation soit parfaite en tous points. Ils envoyaient régulièrement de l'argent à grand-père pour le remercier de s'occuper de moi... Précisa Angie comme pour donner des circonstances atténuantes au comportement de ses parents. Mais Royan avait besoin de beaucoup plus que ça, reconnut-elle aussi. Damien m'a raconté pas mal de choses... Elle dépérissait à vue d'oeil et les voyages incessants de la famille n'amélioraient guère les choses... En grandissant, elle a vite compris qu'elle n'obtiendrait ce qu'elle désirait qu'en arrangeant les choses à sa manière...
- Que voulait-elle ?
- Oh pas grand chose, l'affection de nos parents, leur attention... Une vie de famille semblable à celle des autres enfants de son âge. Elle savait que ça lui échapperait toujours si elle n'agissait pas et a fini par s'imaginer qu'en gagnant leur fierté, elle finirait aussi par avoir l'amour. Elle était extrêmement douée dans beaucoup de sports, tout autant que dans le reste de ses études, et elle savait jouer de cet avantage...
- Ca a fonctionné ?
- Dans un premier temps on aurait pu le croire... Quand elle a commencé à pratiquer l'escalade elle est devenue le petit trésor de nos parents. Elle était toujours première partout et ils la couvraient de cadeaux mais ils ont toujours été incapables de voir ce qu'elle leurs demandait réellement. Quand Royan en a pris conscience, elle a commencé à s'endurcir tout en cherchant à rester à la hauteur de leurs espérances... mais je ne connais personne qui puisse supporter très longtemps d'être aimé seulement pour ses actes et non pour ce qu'il est.
- Et Royan ne dérogeait pas à la règle...?!
- Non... Damien m'a expliqué qu'elle a commencé à prendre de la distance tout en continuant de tenir son rôle de parfaite petite fille modèle devant nos parents qui ne se rendaient compte de rien... Ou du moins en faisaient mine. Damien a fini par découvrir qu'elle entretenait de très mauvaises fréquentations. Selon lui c'est là que les choses ont commencé à déraper, Royan venait d'avoir 16 ans... Nos parents ont fini par ouvrir les yeux sur la situation et ils ont pris la décision de se fixer pour un temps en Irlande où je vivais avec mes grands-parents. J'ai rejoins le reste de ma "famille" à ce moment là. Je pense que l'idée était bonne mais elle venait trop tard hélas. Le mal était fait...
- Comment ça ?
- Elle... Oh c'était comme si brutalement elle se laissait enfin aller à se dévoiler. Elle a révélé des aspects de sa personnalité qu'elle avait semble-t-il toujours soigneusement cachée à tous, y compris à Damien, de qui elle avait pourtant toujours été le plus proche. Il y a eu des altercations de plus en plus violentes entre elle et nos parents... Elle disparaissait parfois des jours entiers. Jusqu'au jour où...
- Où ?
- Notre mère, après un échange très virulent, lui avait dit qu'elle ne voulait plus la revoir dans sa maison. J'ai assisté à la scène... Royan a claqué la porte de la maison et a disparu sans laisser de traces... On n'a jamais plus eu de nouvelle depuis ce moment là jusque trois ans plus tard quand elle a réapparu accompagnée de Jesse...
- Vous voulez dire qu'elle a fugué ??!
- Oui. Un vrai coup de tête comme elle en est encore capable.
- Vous savez ce qu'elle a fait de ces trois ans ?
- Non hélas. Elle n'a jamais accepté de nous le révéler. Jesse le savait sans doute mais il lui avait fait la promesse de se taire. Cela reste donc un mystère total pour nous, tout comme Royan est en elle-même un mystère que je ne parviendrai sans doute jamais à percer...
- Je dois avouer que ce que vous venez de me raconter est assez déroutant...
- Vous ne seriez pas le premier à être effrayé, répondit avec un sourire étrange Angie. Moi-même quand j'y repense il me semble que rien de tout cela ne peut pas être vrai... Ce serait le sujet parfait d'un long roman retord, mais c'est pourtant bel et bien la vérité ! Quant à Royan, je crois que ce manque d'affection l'a rendue encore plus sensible même si elle sait bien le cacher. Elle a peur d'être aimée à présent. Jesse avait réussi le pari de vaincre ses peurs et il a apporté un peu de bonheur dans la vie de ma soeur et il a fallu que la montagne lui reprenne sa seule joie.
- Où sont vos parents si je puis me permettre ?
Un sourire amer passa sur le visage d'Angie.
- Quelque part en expédition je ne sais où... Je ne leur ai encore rien dit sur la brusque réapparition de Royan... Je n'ose m'imaginer le faire d'ailleurs.
- Vous craignez leur réaction?
- Non, disons plutôt leur absence de réaction... Ils n'étaient même pas là le jour de... l'enterrement symbolique de Royan.
- Ne lui en parlez pas... conseilla Methos. Ca ne ferait que lui causer des souffrances inutiles.
- Je n'en avais pas l'intention...
**********

# Posté le mercredi 10 mai 2006 18:21

43è partie

Alexis la conduisit jusqu'à sa chambre et là, lui dit :
- Vous me demandez de vous confier l'un de mes plus grands secrets... Alors en contrepartie, vous devez aussi me donner quelque chose.
- Qu... Quoi ?
- Vous passerez la nuit avec moi et me laisserez vous appeler Royan.
Royan écarquilla les yeux, absolument écoeurée.
- Mais... Qui est cette Royan ? eut-elle la force de demander.
- L'amour de ma vie, celle pour qui j'ai tué... ! Ce n'est pas pur hasard si je vous ai choisie parmi toutes les autres. Vous lui ressemblez tellement que c'en est incroyable, vous avez même son odeur... murmura-t-il en s'approchant d'elle. Alors voilà la règle du jeu si vous l'acceptez : je vais tout vous dire de mon histoire et au fur et à mesure de mon récit vous enlèverez un à un vos vêtements. Vous êtes libre de refuser, mais si c'est le cas partez tout de suite.
- Je... Je... J'accepte, fit Royan sans comprendre comment elle avait eu la force de prononcer ces quelques mots.
- Je n'en attendais pas moins de toi, ma belle... fit-il en s'approchant d'elle et effleurant son menton d'un geste taquin. Commençons donc... Enlève moi ça.
Royan défit lentement les pinces qui retenaient ses cheveux attachés tandis qu'Alexis se racontait.

Au fur et à mesure de cette "strip-story", il se rappela tout dans les moindres détails : l'avalanche meurtrière et la vie de ses compagnons entre ses mains... Des mains qui avaient sectionnées sans remord la seule chose qui les retenaient encore en ce monde dans le seul but de conquérir le coeur de celle qu'il aimait. Royan, qui ne s'était jamais préparée à de telles révélations, était tétanisée. Puis il raconta comment il avait subtilement aggravé le mal des montagnes dont souffrait Damien, ainsi que l'état dépressif dans lequel il se trouvait depuis la mort de sa soeur grâce à l'usage du LSD. L'ayant réduit à l'état d'une loque humaine, aussi doux qu'un mouton, il n'avait pas été difficile de lui mettre en tête qu'il avait tué Nick Carpenter au cours d'une crise de folie, alors qu'en réalité c'était Alexis lui-même qui l'avait poignardé avec le pic à glace de Damien; et tout cela dans le but de détourner les soupçons de lui-même. Comment enfin, il avait fait jouer ses relations pour que Damien finisse "chez les fous"...
43è partie

# Posté le mercredi 10 mai 2006 18:49

Modifié le lundi 16 juillet 2007 08:02

44è partie

Alors qu'il achevait son récit, il se pencha sur Royan, à demi dévêtue, qui le repoussa brutalement. N'appréciant visiblement pas, il la frappa violemment en plein visage, provoquant un saignement de nez chez la jeune fille. Puis il fit glisser ses mains autour de sa gorge blanche, et commença à serrer... Royan, se sentant étouffer, chercha à le repousser sans y parvenir. Avec épouvante, elle regarda à sa droite et à sa gauche quelque chose dont elle puisse se servir pour se défendre, mais rien n'était à sa portée. Alexis vociféra en la fixant dans les yeux :
- Maintenant je dois te tuer... Tu en sais bien trop sur moi !
Royan griffa l'homme au visage dans un effort ultime et se releva. Elle réussit à atteindre la terrasse, haletante et porta la main à son cou douloureux. Alexis, qui avait reprit ses esprits, la rattrapa alors qu'elle s'apprêtait à atteindre la porte derrière laquelle se tenait la fête. Il la saisit par le poignet avec dureté et la poussa vers la barrière séparant la terrasse du vide...
- Un accident est si vite arrivé, murmura--il sans la moindre émotion.
- C'est une menace...?
- Un avertissement. Oublie ce qui s'est passé et ne réapparaît jamais à ma vue, c'est un conseil. De toute manière, nul ne croira la parole d'une sale petite resquilleuse, fit Alexis en la regardant avec froideur.
Il lui jeta quelques billets qu'elle ne ramassa pas.
- Fiche le camp d'ici !
Une douleur et une colère nouvelle, toute dirigée contre celui qui se tenait face à elle sans sourciller, submergea Royan, encore bouleversée par les révélations qui venaient de lui être faites. Elle avait toujours eu la conviction qu'elle serait capable de maîtriser ses émotions quoi qu'il arrive, mais à ce moment précis elles éclataient avec une telle violence qu'elle perdit toute certitude et eut peur d'elle-même. La tension lui nouait littéralement l'estomac. Elle prit une profonde inspiration tout en regardant Alexis qui ne se doutait encore de rien et glissa la main dans son sac dont elle sortit avec vivacité et maladresse une arme à feu... A vrai dire elle ignorait encore ce qu'elle voulait faire lorsqu'elle s'était emparée de cette arme que sa soeur conservait par précaution enfermée dans un tiroir de son bureau. Jamais elle n'avait pensé s'en servir à ce moment là, si ce n'est pour se protéger d'Alexis au cas où il deviendrait par trop menaçant... Il l'avait été mais à présent il se contentait de la narguer de son regard trop plein d'assurance.
- Que me veux-tu ? demanda-t-il finalement en croisant le bras. De l'argent c'est ça ? Tu ne pourras pas sortir d'ici, la sécurité est drastique et il y a des caméras partout, la prévint-il avec un sourire méchant.
- C'est vous qui me dites ça ?! s'insurgea-t-elle violemment. Vous qui venez à l'instant de me confier avoir assassiné de sang froid trois hommes et fait condamner un innocent pour vos crimes ?
- Ce n'est pas ce que tu souhaitais entendre... ? se contenta de répondre le jeune milliardaire avec une moue moqueuse qui ne fit qu'accroître la colère de Royan.
- J'ai d'excellentes raisons que tu devrais vite comprendre Alexis... articula-t-elle lentement tout en ôtant d'un geste rapide le loup noir qui cachait encore son visage. Tu as fait du mal aux êtres qui m'étaient les plus chers au monde...
Alexis laissa échapper la cigarette qu'il venait de sortir de sa poche et bafouilla :
- R... Royan... Royan... Toi ? Mais non, c'est impossible, tu es...
- Morte ? Eh bien non comme tu peux le voir, j'ai survécu en dépit de tout.
- Mon dieu c'est miraculeux, inespéré... Te revoir... Je n'ai jamais cessé de penser à toi... s'exclama-t-il en faisant quelques pas en avant.
Royan eut un haut le coeur :
- Comment ose-tu me parler ainsi après tout le mal que tu t'es acharné à me faire !
- Mais ma belle, ces drames sont tout autant ta faute que la mienne ! Tu en es le seul et unique mobile... Si tu ne t'étais pas acharnée à me repousser, tout cela ne serait jamais arrivé et tu aurais tout ce dont tu as pu rêver aujourd'hui au lieu de t'introduire en fraude dans ma demeure !
Royan le fixait avec un regard plein d'incompréhension et presque de pitié :
- Tu ignores quels sont mes rêves... Non, rectifia-t-elle : tu as volé mes rêves en tuant Jesse. Je ne t'aimerai jamais et même je te hais...
- Au point de me tuer ? la défia Alexis.
Un éclat glacé brillait au fond des yeux de l'homme.
44è partie

# Posté le mercredi 10 mai 2006 19:22

45è partie

45è partie
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Methos et Angie eurent un mal fou à s'introduire dans la petite fête. Il fallut tout le tact et la diplomatie d'Angie pour que le gardien les laisse enfin passer.
- Vous êtes douées dans les négociations, remarqua Methos.
- Je ne serais pas avocate si ce n'étais pas le cas.
Une fois là haut, ils s'aperçurent rapidement de la difficulté qu'il y aurait à retrouver Royan, étant donné que tout le monde était costumé. Se posa bar, demanda une bière, puis enchaîna directement :
- Je cherche Alexis Graham ! Hurla-t-il pour se faire entendre sur la musique qui battait son plein.
La barmaid eut un sourire lubrique qui inquiéta Methos.
- Je crains qu'il ne soit... occupé, vous voyez ce que je veux dire ?!
Methos ne voyait que trop bien.
- Je l'ai vu monter avec une fille à son appartement privé.
- A quoi ressemblait cette fille ?
- Oh... Une jolie brune qui portait une robe que j'aimerais bien avoir !
- J'ai vraiment besoin de voir Alexis !
- Hum... C'est à dire que... Bon, vous voyez la porte là bas ? Elle mène directement chez lui. Mais ça s'ouvre avec une clef et là je ne peux rien pour vous.
Puis elle retourna à ses cocktails.

Methos retrouva Angie et lui apprit ce qu'il venait d'apprendre.
- Vous croyez vraiment que c'est Royan... Qu'elle est montée avec Alexis ?!
- Je l'ignore. Je vais essayer de m'introduire là dedans...
- Je viens.
- Non, ça pourrait devenir dangereux. Et puis il vaut mieux que vous recherchiez Royan parmi les invités, qui sait, elle y est peut être encore ?!

# Posté le jeudi 11 mai 2006 11:38

Modifié le lundi 16 juillet 2007 08:02

46è partie

46è partie
Methos entreprit alors de crocheter la serrure. Il ne lui fallut que très peu de temps pour y parvenir. Il se glissa subrepticement dans la cage d'escalier et grimpa quatre à quatre les marches jusqu'à une porte vitrée qu'il poussa, faisant brusquement irruption sur la terrasse. Là, il découvrit Royan, tremblante et tendue, menaçant Alexis de son arme. Des larmes de haine et de douleurs s'entremêlaient sur son charmant visage, formant de longues traînées de mascara visibles sous la lueur jaunâtre du luminaire extérieur. Entrevoyant ce qui risquait d'arriver, Methos se plaça dans le champ de tir de Royan, entre elle et Alexis. Celle-ci sursauta en le voyant.
- Je t'en prie, lui murmura-t-il en tendant une main bienveillante, ne fais pas cette folie ! Tu n'es pas une meurtrière, tu n'es pas comme lui ! ajouta-t-il en désignant Alexis.
- Pousse toi de là Methos ou je me verrai obligée de faire un carton sur toi avant de l'abattre lui ! intima Royan d'une voix mêlée de sanglots mais néanmoins implacable dans sa résolution. Je n'en ai pas envie mais je le ferai si tu m'y contraint...
- Renonce à te venger, insista Methos.
- Tu ne sais rien... Alexis est la mal personnifié ! Il m'a tout pris, il a tout détruit... Jesse, Damien, ma vie... sans parler des autres personnes qu'il a fait souffrir, et il devrait s'en tirer à si bon compte ? Tu trouves ça normal toi ? !
Non, Methos ne trouvait pas ça normal mais il savait que si Royan tuait cet homme, plus rien ne serait jamais pareil pour elle... Pourtant l'absence complète d'émotion dans le regard de la jeune fille ébranla Methos dans ses propres positions. Après tout lui mieux que personne pouvait comprendre ce que signifiait le besoin de vengeance après la triste expérience qu'il avait vécu avec Cassandra. Face à une telle détermination, il décida de poursuivre ses "négociations" différemment :
- Très bien, fit-il en s'écartant, tue le mais ça ne changera pas la réalité des choses. Ca ne te rendra pas ceux qui sont morts. Jesse et tout le reste c'est du passé à présent. Et en l'exécutant tu ne feras que t'éloigner encore davantage de celle que tu as été. Tu deviendras une criminelle et une fois ce seuil franchi, nous ne pourrons plus rien faire pour toi.
Royan sembla réaliser la portée de son geste et baissa légèrement l'arme, mais elle paraissait encore indécise.
- Donne moi ton arme et je te jure de tout mettre en ½uvre pour que ce salaud aille pourrir en prison pour très très longtemps...
Royan, avec un énorme effort, repoussa toute sa colère et s'aperçut qu'au fond ne restait que chagrin et incompréhension... Qu'Alexis ait commis de telles atrocités pour elle l'épouvantait et par dessus tout, elle comprit qu'ôter la vie à qui que ce soit lui serait très difficile... Elle se tourna alors vers Methos et laissa glisser son arme à terre avant d'aller se réfugier dans ses bras grands ouverts. Elle était tellement heureuse qu'il soit là.

# Posté le jeudi 11 mai 2006 12:06

Modifié le jeudi 11 mai 2006 13:05