Methos, assis à la terrasse d'un café, attendait avec perplexité la venue de Roman O'Connor. Ce dernier lui avait donné rendez vous la veille par téléphone. Le jeune guetteur ne tarda pas à faire son apparition. Il s'assit face à Methos et commanda la même bière que ce dernier.
- Alors, à ce que je vois nous faisons partie du même club ! commença-t-il en jetant un regard malicieux à Methos qui trouvait de plus en plus curieux ce rendez-vous que O'Connor lui avait fixé.
- On le dirait, en effet, admit-il sur la défensive.
Roman but une gorgée de bière. Il ne semblait pas encore décidé à parler de ce qui l'amenait réellement là :
- Je me suis un peu renseigné sur vous, finit-il par dire. Vous êtes sorti sixième de votre promotion à l'université des guetteurs en 1984, après quoi on vous a assigné à la recherche de Methos, le légendaire immortel...
- C'est exact, reconnut Methos, de plus en plus mal à l'aise. Vous êtes bien informé mais que me vaut un tel intérêt de votre part ? s'enquit-il d'un ton léger afin de mieux masquer son inquiétude.
- C'est drôle, mais... Corrigez moi si je me trompe, nos chefs ne sont pas au courant qu'un immortel s'est infiltré dans nos rangs... ?
A ces mots, Methos se figea net et dit d'une voix sèche :
- J'ignore de quoi vous parlez...
- Allons allons, mon vieux, pas la peine de faire semblant de ne pas comprendre. J'ai vu que vous étiez blessé l'autre jour et que, comme par magie, pouf : deux minutes plus tard vous n'aviez plus rien! Que trouvez vous à répondre à ça ? Allez, j'attends d'entendre la jolie explication que vous allez pouvoir imaginer...
- Je suppose que vous voulez quelque chose de moi, sinon votre rapport serait déjà entre les mains des instances supérieures... répliqua Methos sans lever les yeux.
- Je crois qu'on se comprend... fit Roman en se laissant aller un peu en arrière, un sourire aux lèvres. Ecoutez Pierson... ou quel que soit votre nom d'ailleurs, je tairai votre secret si vous acceptez en échange d'appuyer ma demande pour une nomination au poste de guetteur attitré de Royan
- On dirait que le job vous plait... fit Methos avec humeur.
- Disons que cette fille m'intrigue... Et j'en ai plus qu'assez de servir d'homme à tout faire...
- On ne vous a jamais demandé de surveiller un immortel ?
- Disons que mon caractère et certains antécédents ont fait que les patrons ont décidé que je n'étais pas apte à la surveillance, mais avec votre soutien...
- Et bien sur si je refuse...
- Je n'aurai qu'à vous balancer aux requins pour avoir ce que je veux. Conclut Roman sur un ton léger.
- Et pourquoi ne le faites vous pas ?
- Je n'ai rien contre vous en particulier mon vieux. Au contraire, je me sens plus proche de vous que de tous ces grattes papiers qui se disent guetteurs. Sans doute parce qu'on a pas mal de points communs...
- Je Serais curieux de savoir lesquels ?
- On est anticonformiste, vous êtes un immortel qui s'est infiltré parmi les guetteurs et moi un guetteur qui s'est infiltré parmi les immortels... et je tiens à ce que tout reste en l'état...
- Vous avez déjà parlé à Royan d'après ce qu'elle m'a dit...
- En effet. Elle vous a dit en quelle occasion ?
- Non, dut admettre à regret Methos.
- Notre rencontre fut le fruit du pur hasard, je dois dire que je suis quelqu'un d'assez chanceux... Lui avez-vous révélé l'existence des guetteurs ?
- En quoi cela peut il bien vous intéresser ?
- J'aimerais savoir...
- Eh bien non, j'ai pensé qu'il valait mieux la laisser ignorer cela. Elle est déjà suffisamment bouleversée par ce qui lui arrive, pas la peine de lui dire qu'en plus elle sera constamment suivie par des inconnus...
- Parfait.
- Non, pas parfait, je vous rappelle qu'elle est en prison et qu'il existe un risque qu'elle n'ait pas besoin de guetteur avant un bout de temps.
- Mais il y a aussi de très fortes chances pour qu'elle soit reconnue innocente et puis si ce n'était pas le cas, je vous fais confiance pour lui trouver une autre porte de sortie... Vous ne laisseriez jamais Royan moisir en prison, vous êtes trop chevaleresque.
- Moi, chevaleresque ? s'étouffa presque Methos. Puis ils demanda : vous songez à une évasion ?
- Elle pourrait se tuer, et on la récupèrerait. Après quoi on reprend chacun a route, chacun son chemin... Laissez tomber c'est une vanne pourrie. Je ne dirai rien au conseil des guetteurs et vous me présenterez à Royan comme un ami, mais surtout vous ne lui direz jamais qui je suis réellement. Que pensez vous de ce plan ? J'ai des potes qui pourraient nous cacher et lui fournir de nouveaux papiers.
- Vous allez donc vous incruster dans sa vie et continuer à interférer ?
- C'est pas ce que vous faites non ? Je ne vois pas pourquoi je m'en priverais alors.
- Vous êtes une crapule vous le savez ?
- Merci. Alors pour mon poste ?
*soupir de Methos* :
- Très bien j'en parlerai à qui de droit.
- Je ne vous remercie pas, ça ferait un peu trop hypocrite.
- Je comprends.