Troisième partie...

Deux jours plus tard...
Lorsque Joe rentra dans son bar, il comprit au visage de Methos que quelque chose n'allait pas. Inquiet, il s'approcha et lui demanda ce qui se passait :
- Ca se voit tant que ça ?
Joe fit signe que oui.
- Ecoutes Joe, cette fille est adorable, ça je te le confirme, mais... C'est une catastrophe ambulante ! Rien qu'hier elle a cassé une bouteille et plusieurs verres, et renversé un cocktail sur la tête d'un client !
Rassuré, Joe, ne put cacher un sourire amusé face à l'air sincèrement contrarié de Methos. Puis il saisit le regard protecteur que l'immortel ne put s'empêcher de poser sur la jeune fille qui s'affairait dans un coin et s'interrogea sur les sentiments de l'immortel.
- Tu as réussi à tirer quelque chose d'elle ?
- Pas un mot ! Elle me regardait à peine quand on mangeait et s'endormait juste après. Je ne me suis jamais senti aussi invisible avec une femme !
- Ca ne t'auras pas fait grand mal ! Quoi qu'il en soit, on n'est guère avancés, je n'ai rien trouvé dans les dossiers.
- On est donc au point mort.
- Oui, on le dirait bien. Ramène la chez toi, il est tard. Je m'occupe de la fermeture.
- Joe, tu sais, jamais je n'aurais pensé t'entendre me demander de ramener une fille chez moi ! remarqua Methos amusé en enfilant son manteau noir.

Ils montèrent tous les deux dans la voiture et Methos mit le contact. A cet instant un buzz le traversa. Sa passagère sembla elle aussi troublée. Il jeta un oeil rapide tout autour, avant de s'éloigner rapidement.

Une fois dans l'appartement, la jeune fille regagna sa chambre et s'endormit comme un loir. Methos prit une bière et s'assoupit devant un vieux policier dans lequel Humphrey Bogart faisait les yeux doux à Lauren Bacall. Au beau milieu de la nuit, un bruit le réveilla. Il se releva et longea le couloir. La porte fenêtre donnant sur la terrasse était à demi-ouverte. Inquiet, il l'ouvrit complètement et sortit. Elle était là, assise par terre, une jambe repliée sous elle, et le visage levé vers le ciel. Elle contemplait les étoiles. Il approcha d'elle et s'aperçut des larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle chantonnait doucement une chanson en un langage que Methos identifia comme étant le Newari (langue officielle du Népal jusqu'au 18è siècle, en déclin aujourd'hui) .

« Rajamati kumati ji ke wosa pi ra ti-- ha ye baba raja--cha Rajamati ma bil da sa ka si
wo netela buwa ha ya byu da raja-- mati-- cha
san dhasa kulikuli mikha dhasa banla banla
Sakumi ya mhya macha la
Khwa dhasa tuyu khwa khwale niga ti du
Dahani ya rajamati cha »

Il approcha doucement et s'assit à côté d'elle. Elle avait une voix superbe, profonde mais légèrement éraillée, ce qui lui donnait tout son charme. Après avoir achevé sa chanson, elle tourna les yeux vers l'immortel et ce dernier comprit aussitôt ce qui avait poussé Joe à la recueillir. Elle se pencha vers lui et se blottit contre son épaule. Il glissa sa main autour de ses épaules dans un geste de réconfort. Sentant qu'elle avait fini par se rendormir, il la prit dans ses bras et la ramena à sa chambre. Après l'avoir couverte, il retourna à son propre lit. En passant devant la fenêtre, son regard fixa un instant le ciel étoilé et il se demanda ce que pouvait représenter cette chanson pour la jeune fille.

Il appela Joe le lendemain matin pour lui raconter ce qui s'était passé :
- Tu dis qu'elle chantait en Népalais !
- Oui. Ca ne nous avance guère mais c'est toujours bon à savoir. Tout le monde ne parle pas cette langue !
- Mais comment tirer parti de cette information ?
- Là tu m'en demandes trop !
- Je crois qu'elle a confiance en toi, essaie de la faire parler. Faites un tour, essaie de la mettre à l'aise.
- Ok je m'occupe de ça ! Ah autre chose, un immortel rôdait dans le quartier hier soir !
- Quoi ? Tu es sur ?
- Certain.
Après un instant de silence, Joe murmura :
- Veille bien sur la petite.
- Tu me fais confiance ?!
- Je n'ai pas vraiment le choix...
Troisième partie...
# Posté le lundi 20 février 2006 06:46
Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:33

4è Partie pour les impatientes lol

Le soir même, Methos conduisit la jeune fille dans un lieu qu'il appréciait tout particulièrement. L'endroit, bien qu'intimiste, était déjà bondé du fait de sa réputation. Ce soir là, un guitariste de renom interprétait les plus grands classiques du rock et du blues au grands plaisirs de quelques centaines de personnes.
L'entrée était gardée par un colosse ressemblant fortement à un Viking qui examina attentivement le couple, avant de les laisser passer. Une fois rentrés dans la salle principale, Methos se fraya un chemin jusqu'au bar où il commanda une bière avant de se rapprocher de la scène, entraînant la jeune fille dans son sillon. Elle sembla apprécier le spectacle. Une heure passa. Le guitariste proposa un petit jeu, ce qui arracha des cris de joie à ses groupies : que les courageux poussent la chansonnette tandis qu'il les accompagnerait de sa guitare. Quelques personnes légèrement éméchées se prêtèrent à l'expérience de bon coeur ce qui redonna un second souffle à la soirée. Le regard du guitariste qui errait sur la foule à la recherche d'une nouvelle « victime » tomba sur une charmante créature légèrement en retrait. Il fit un signe et la foule la poussa carrément sur la scène.
Methos lut dans les grands yeux de sa jeune amie une surprise brutale et de la peur presque animale. Il voulut intervenir mais reçut un violent crochet du droit et se fit brusquement repousser en arrière par un jeune complètement ivre que la sécurité s'empressa de reconduire à la sortie.
Il se tourna vers la scène : elle se tenait droite devant un micro, mais toute tremblante.
- Quel est votre prénom charmante demoiselle ? demanda galamment le guitariste.
La « charmante demoiselle » ne répondit rien et se contenta de chercher du regard dans la foule, le seul visage qui lui était familier. Malheureusement Methos était masqué par la foule. Le guitariste semblant sentir que quelque chose n'allait pas, essaya de la rassurer :
- N'ayez aucune crainte, on ne vous jugera pas ici ! D'ailleurs nul ne peut chanter plus horriblement que moi, ce qui explique que je ne sois que guitariste... ! (éclat de rire dans la salle) Mais si ca peut vous rassurer, reprit-il après un instant d'hésitation, on a qu'a chanter une chanson tous les deux !
Les spectateurs acclamèrent cette proposition, quant à la jeune fille, son regard perdit un peu de son appréhension.
- Alors comment vous appelez-vous ?
- Royan... murmura-t-elle du bout des lèvres à la profonde stupeur de Methos.
- Royan... C'est très beau ! Moi c'est Matthew. Alors Royan qu'allons nous chanter ?
Elle fit un petit mouvement des épaules signifiant qu'elle n'en savait rien.
- Que diriez vous de The good Ones (chanson de "The kills", dont Alisson (qui joue Royan) est la chanteuse lol )
Elle accepta et il commença à gratter les premiers accords sur sa guitare avant d'entamer les premières paroles. Elle s'avança vers le micro et joignit sa voix à la sienne.
(cliquez sur le lien et vous pourrez entendre un bon extrait de la chanson en question (n°4) ainsi que d'autres :



Took a car to the part of the city
Where the city runs out of street lights
God knows, it's the way that it goes
That we're never gonna catch any daylight

My little sister's eyes so wide
They must have been the size of the city moon tonight
My little sister's eyes so wide
Must have been the size of the city

Did you get the real good ones
Did you get the good ones
Did you get the real good ones
Did you get the good ones

Did you got me the good ones
The real good ones, what you got
Take a water full, the water tastes good
I took the water and the water was hot

Once in a while, once in a while
You got to burn your lips, keep your feelings alive
Once in a while, once in a while
You got to burn down your house, keep your dreaming alive

So, did you get the real good ones
Did you get the good ones
Oh, did you get the real good ones
Did you get the good ones

Did you get the good ones
Did you get the good ones
Oh, did you get the real good ones
Did you get the good ones
Did you get the real good ones
Did you get me the good ones
Oh, did you get the real good ones
Did you get me the good ones (x3)


Methos, tout comme le reste du public, fut aussitôt ébloui par la beauté du grain de sa voix. Loin des « canons » des radios où l'on n'entendait que des chanteuses à la voix suraiguë et fade, celle de la jeune femme, relativement âpre, renfermait une variété de tonalités avec lesquelles elle jouait sans difficulté, qui rappelait par moment celle de PJ Harvey. Le guitariste jeta un oeil admiratif vers elle. A peine la chanson achevée, les applaudissements retentirent dans la salle entière. Visiblement embarrassée, elle rejoignit rapidement Methos qui comprit qu'elle souhaitait rentrer.

Dans la voiture, le silence regnait toujours en maître, avant que Methos ne se décide enfin à le rompre :
- Alors comme ca ton nom c'est Royan ? Pourquoi me l'avoir caché , tu semblais pourtant me faire confiance ?
Elle détourna les yeux et se perdit dans la contemplation du paysage nocturne parisien.
- Pourquoi refuses-tu obstinément de me parler ? insista Methos.
Elle finit par se tourner vers lui et murmurer d'une voix mal assurée :
- Pardon..
Il ne put masquer le sourire attendri qui passa sur son visage.
- Vas-tu enfin me dire qui tu es et d'où tu viens ?
Elle se mordilla la lèvre inférieure et repoussa derrière son oreille une mèche rebelle qui ne cessait de tomber devant ses yeux, avant de faire signe que non d'un hochement de tête. Durant tout le reste de la route, elle garda les yeux baissés comme pour masquer son propre malaise et à peine Methos eut-il garé la voiture, elle en sortit, grimpa les escaliers sans se retourner et rentra dans la maison. Methos comprit qu'elle se sentait en situation de faiblesse.
Quand il passa devant la porte entrebâillée de la chambre de la jeune fille, il put voir Royan, qui s'était couchée toute habillée sur son lit, dormir à poings fermés...
4è Partie pour les impatientes lol
# Posté le mardi 21 février 2006 09:58
Modifié le lundi 09 juillet 2007 17:11

5è partie...

5è partie...
Le lendemain matin, il prépara un savoureux petit déjeuner à sa charmante "colocataire", gardant l'espoir que le "contact" parvienne enfin à s'établir s'il la choyait. Royan apparut au seuil de la grande cuisine, vêtue en toute simplicité d'un t-shirt blanc et d'un jogging clair qu'elle avait empruntés à Methos. La masse indomptée de ses longs cheveux noirs retombait librement sur ses épaules. Elle s'assit et prit la tasse de café noir que Methos venait de poser devant elle. Elle y trempa le bout des lèvres tout en observant d'un oeil attentif l'immortel qui ne fit aucune allusion à ce qui était arrivé la veille. Royan, toujours assise, replia ses jambes contre elle:
- Vous ne chercheriez pas à m'amadouer ? murmura-t-elle soudain d'un ton curieux.
Methos faillit laisser tomber son journal quand il l'entendit dire ces quelques mots tout simples.
- Quelle perspicacité ! reconnut-il avec un sourire. Il semblerait que j'ai finalement réussi puisque tu es sorti de tes retranchements.
- On le dirait, fit-elle en reposant sa tasse vide.
- Alors tu vas enfin accepter de me dire qui tu es exactement ?
- Je... J'aimerais mais je ne peux pas. Je ne me souviens pas... J'ai seulemnt des bribes de souvenirs, des images qui reviennent par moment mais c'est encore très flou et très... bizarre....
- Bizarre comment ?
- Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'intime conviction que je devrais être morte ! s'exclama-t-elle tandis que son beau visage se refermait.
- Ah oui...? murmura Methos du bout des lèvres.
Elle le regarda avec désarroi :
- Je ne comprends rien à ce qui m'arrive ! J'ai l'impression de n'avoir plus aucun contrôle sur ce que je vis, c'est insupportable !
Le ton de sa voix était si plein d'appréhension qu'il s'approcha d'elle et prit son visage entre ses mains avec douceur pour la rassurer :
- Ecoutes, je vais t'emmener chez Joe, on en reparlera là bas, d'accord?
Elle lui fit signe qu'elle était d'accord.

BLUES BAR
Joe était entrain de signer quelques papiers quand Methos et la jeune fille firent leur apparition.
- Ah Methos ! J'allais t'appeler.
Methos s'approcha en tenant par la main Royan qui le suivait.
- Joe, il y a du nouveau... ! proclama-t-il à voix haute.
Duncan entra à cet instant.
- Tiens Mac tu es de retour ? fit Joe
- Oui j'ai conclu l'affaire qui m'intéressait !
- Tu tombes bien, Methos a appris des choses apparemment sur notre inconnue !
- Bonjour Joe ! fit alors une voix claire.
Joe se pencha un peu sur le côté et vit Royan, aux trois quarts masquée par Methos.
- Elle parle ??!!
- Oui elle parle ! fit Methos, un sourire tranquille aux lèvres. On dit merci qui ?
Joe passa de l'autre côté du bar et regarda Royan comme s'il la voyait pour la première fois.
- Elle parle ? répéta-t-il tant il était surpris de ce changement brutal.
Methos, amusé, tourna la tête vers Royan et lui murmura :
- Je crois que tu l'as mis en état de choc ! (puis en se retournant vers les deux autres : ) Elle s'appelle Royan.
- Enchanté de pouvoir enfin connaître ton nom, déclara MacLeod.
- Je voudrais vous remercier... de m'avoir si bien accueillie.
En parlant, Royan marquait de petites hésitations et on sentait au timbre de sa voix qu'elle n'était plus habituée à de longs échanges verbaux. Une petite toux sèche lui échappa. Joe invita ses amis à s'asseoir à une table et apporta des rafraîchissements. Royan se contenta d'un verre d'eau. Methos parla des trous de mémoires de la jeune fille.
- Commençons par le plus simple, proposa Duncan : Quel est la dernière chose dont tu te souviennes avant de t'être réveillée sans mémoire ?
- Une chute et une sensation de froid intense...
- Ca ne nous avance guère.
- Il y a aussi des visages mais ils sont flous et je n'ai aucune idée de ce qu'ils sont pour moi...

Prise d'une forte quinte de toux, elle s'absenta un instant pour se faire une infusion au miel pour apaiser un peu sa gorge qui la faisait souffrir.
Macleod en profita pour parler à Methos et à Joe :
- Les gars... Je ne vous ai pas tout dit...
- Quoi ?
- Grâce à un ami qui travaille à Interpol j'ai pu consulter la liste des personnes disparues de façon anonyme... Ca n'a rien donné, par contre...
- Par contre quoi Mac ? fit Joe inquiet.
- Désolé, je sais que vous l'aimez beaucoup mais un mandat international a été lancé contre elle. Elle est recherchée pour le meurtre de plusieurs personnes dont un haut diplomate Népalais...
- Quoi ? firent les deux autres.
- Elle a été arrêtée près du lieu du crime, une route fréquentée. Le convoi diplomatique qui passait par là a été attaqué par plusieurs personnes. Le diplomate a été criblé de balles et plusieurs autres personnes innocentes ont trouvé la mort dans cette attaque. Elle a fui pendant un transfert... Ils ne disent rien de son identité par contre.
Methos jeta un regard vers Royan, incapable de se la représenter comme une meurtrière sans pitié.
- Il se peut qu'elle soit devenue immortelle à ce moment de l'attaque. Ajouta Duncan.
- Je me refuse à croire qu'elle ait pu faire ça ! s'opposa violemment Methos. Laisse lui une chance comme tu l'as fait pour moi autrefois !
- Ecoutes Methos, le Népal est en proie à de violents conflits ethniques et l'homme assassiné était un véritable vautour que beaucoup haïssaient. Des bandes rebelles se sont organisées à un niveau international, il est tout à fait envisageable qu'elle en ait fait partie !
- Mais regarde la un instant ! Je sais mieux que n'importe qui ce que c'est que de tuer des innocents de sang froid et elle n'a rien des "qualités" nécessaires à ce genre de job !
- Methos... le coupa Joe l'air songeur. Tu te souviens m'avoir dit l'avoir entendu chanter dans un dialecte népalais... ?!
Methos eut une mine renfrognée avant d'avouer :
- Oui, mais ça ne prouve rien !
- Admet tout de même que ça fait pas mal de coïncidences !
Methos ne répondit rien, mais à présent l'incertitude était bien présente...
# Posté le lundi 27 février 2006 18:12

6è Partie,

6è Partie,
Lorsque Royan revint, tous firent comme si rien n'avait changé mais elle ressentit malgré tous leurs efforts la gêne des trois hommes. Elle les regarda d'un air interrogatif. Incapable de lui cacher ce qu'il savait, Methos se résolut à tout lui raconter. Ni Duncan, ni Joe ne l'en empêchèrent. Quant il eut fini, il nota le regard plein de larmes et de colère de Royan.
Elle se releva et les regarda l'un après l'autre. Beaucoup de douleur émanait-elle.
- Alors pour vous je suis une meurtrière ?!
Elle se mordit la lèvre et serra les poings jusqu'à enfoncer ses ongles fins dans la paume de ses mains.
- Si ce n'est pas vrai, dis-nous ce qui est arrivé ? demanda Duncan.
Elle tourna violemment la tête sur le côté comme si le fait de penser à ce qui était arrivé là bas était par trop douloureux.
- Vous m'avez demandé de vous faire confiance et j'ai accepté sans poser de question alors que je ne vous connaissais même pas ! Ne pouvez vous donc faire de même avec moi ?
- Nous ne sommes pas accusés de meurtres, répliqua MacLeod, presque froidement.
- Bien... Alors je n'ai plus rien à faire ici, mais avant de partir je vais tout vous dire ! Il y a quelques semaines, j'ai été recueillie et soignée par un couple de paysans népalais après que j'ai perdu la mémoire... Ils m'ont sauvé. Ils voulaient m'aider à savoir qui j'étais. Nous nous rendions pour cela à Katmandou ce jour là quand une grosse voiture noire nous a dépassé. Quelques minutes plus tard, il y a eu une énorme explosion, mais il était trop tard pour freiner. On a violemment heurté la voiture et la femme, Macha, est morte dans l'accident. Son mari est sorti. Il s'est battu avec des hommes pour me laisser la possibilité de me cacher. Je l'ai vu se faire abattre sous mes yeux. Deux hommes en tenaient un troisième, sans doute ce "diplomate", qu'ils ont aussi tué d'une rafale de balles dans le ventre avant de fuir. Moi, je me cachais comme je le pouvais parce que je savais que s'ils me découvraient, ils seraient sans pitié. Lorsque la police est arrivée, ils m'ont jetée en prison parce que j'étais une occidentale sans papier. J'étais dans l'incapacité de dire qui j'étais et pourquoi je me trouvais au Népal. Je ne me rappelais même pas de mon prénom à ce moment là ! J'ai réussi à fuir par je ne sais quel miracle et j'ai gagné Paris en me payant des faux papiers grâce à l'argent que j'ai tiré de la vente d'un bijou qui était l'une de mes rares possessions. Voilà, vous savez à présent ce que j'ai vécu !
Elle se dirigea vers la sortie. Methos, Joe et MacLeod, qui avaient écouté avec attention et gravité, comprirent leur erreur et la rattrapèrent pour s'excuser. Elle marqua clairement son hésitation avant d'accepter de revenir à la table.

- C'est pour ça que tu ne voulais pas que nous contactions la police ? fit Joe.
- Oui, reconnut-elle.
- Dans ce cas, essayons de jouer cartes sur table ! proposa Methos.
- Je voudrais sincèrement vous en dire plus, mais la première chose dont je me souviens réellement, c'est de m'être réveillée dans cette cabane au Népal. Les autres souvenirs sont... C'est comme si j'avais vécu une autre vie avant celle là ! Vous devez me prendre pour une folle !
- Ne t'inquiètes pas, je pense que nous comprenons.
Elle eut l'air rassuré.
- Pourquoi venir à Paris plutôt que Londres ou ailleurs ? murmura Duncan d'un ton songeur. Il doit y avoir une raison.
- Sans doute, reconnut Royan. J'ai suivi mon instinct et il me disait de venir à Paris...
- Peut-être as-tu vécu ici ? Ou y as-tu des proches ? supposa Methos.
- Je le pense aussi. dit Royan. Alors, vous voulez bien m'aider à découvrir ce qui m'est arrivé et qui je suis ?
- Compte sur nous, la rassura Methos.

Le lendemain, pris par quelques affaires pressantes, Methos laissa Royan seule dans son appartement. Elle attrapa une pomme et se laissa tomber devant le petit écran, télécommande en main. Elle zappa un moment sans trouver rien de très intéressant. Elle s'arrêta enfin sur en documentaire de la chaîne national geographic sur les tribus nomades Sahariennes. Elle ne tarda pas à s'assoupir et à rêver...

Elle se trouvait toute seule dans une vallée de glace surplombée par une chaîne de montagnes couvertes de neige et des oiseaux de proie volaient en cercle non loin de là. Le rayonnement du soleil qui se répercutait sur la neige l'éblouissait. Elle avança un peu au hasard et finit par distinguer la forme d'un corps humain. En s'approchant encore, elle vit qu'il était horriblement défiguré mais...

Elle se réveilla en sursaut. Trop choquée par son rêve pour vouloir y repenser, elle se leva et prit une douche froide. Elle stoppa un instant le jet d'eau et attrapa la chaîne qui ne quittait jamais son cou et auquel était suspendu un bel anneau d'or fin. Une inscription était gravée à l'intérieur : J et R... Elle ferma les yeux un instant et revit le corps. Un objet brillait au soleil. Un anneau d'or...

****
Enveloppée dans un peignoir blanc et nus pieds, elle retourna au salon pour éteindre la télé. Elle se pencha par dessus le canapé pour saisir la télécommande et allait presser sur le bouton "veille" quand elle se figea. Le programme de National Géographic était à présent consacré aux sports extrêmes et plus particulièrement aux sports de montagne. Comme hypnotisée, elle s'assit. Le documentaire retraçait l'histoire des plus célèbres skieurs, explorateurs et alpinistes... On montra des photos de diverses célébrités du milieu tels que Maurice Herzog, Junko Tabei, Patrick Berhault...

Methos la trouva endormie sur le canapé en rentrant. Il la couvrit d'une couverture et éteignit télé et lumières avant de se coucher.
# Posté le lundi 27 février 2006 18:25
Modifié le mardi 28 février 2006 05:15

7è épisode

7è épisode
Le lendemain, elle sortit sous prétexte de faire quelques courses. Methos eut à peine le temps d'enfiler son manteau et de fermer la porte à clef. Il ne voulait pas la laisser s'aventurer seule dans Paris tant qu'elle ignorait ce qu'elle était réellement. Elle serait une proie facile pour n'importe quel immortel un peu expérimenté et totalement dépourvu de principes. Lorsqu'elle vit qu'il l'accompagnait, Royan se tourna vers lui :
- Je suis grande, j'ai passé l'âge d'avoir un chaperon tu sais !
- Mais... Paris est immense et tu risques de t'y perdre, alors mieux vaut que je vienne avec toi...
Elle tendit une carte de Paris devant le nez de Methos :
- C'est quoi ça à ton avis ?
- Hum... Un grand morceau de papier avec des traits, des noms et des couleurs dessus ?
- Vraiment tu es incorrigible !! Je me demande parfois qui peut bien te supporter ?! fit-elle en se remettant à marcher rapidement, toujours talonnée par l'immortel qui souriait, amusé.
- MacLeod et Joe aussi se le demandent... Murmura-t-il.

Ils passèrent de l'après-midi dans les boutiques parisiennes. Royan essaya des dizaines de vêtements et de chaussures différentes. Methos passa à un poil de la paranoïa face à l'overdose du shopping (typiquement masculine) qui menaçait de le submerger. Il s'imaginait déjà rêver cette nuit se faire attaquer par un monstre de vêtements... Lorsqu'il vit enfin ressortir Royan de la cabine d'essayage, il l'attrapa par le bras et l'emmena vers la sortie devant le regard mi-amusé, mi-étonné de la vendeuse qui semblait habituée à ce genre de situations. Une fois à l'extérieur, il se sentit revivre ! Royan croisa les bras et sourit d'un air terriblement provocateur et même presque moqueur :
- Je me demandais quand tu allais craquer, mais tu as bien tenu le choc !
Methos écarquilla les yeux. Cette jeune créature était impossible !
- Alors... Bafouilla-t-il, alors ces 5 abominables heures passées entre chaussures et chiffons c'était pour me tester ?
- Oui et non... C'était amusant de voir tes réactions ! Tout a fait typiques du mâle de notre époque !
- Et fier de l'être ! répliqua Methos. Tu es une vraie petite peste !
- Tu n'as qu'à me laisser tranquille ! Je suis majeure... euh enfin je le pense. J'ai l'air majeure ?
Methos la regarda un instant : malgré son attitude rebelle et son air juvénile, il lui donnait au moins 20 ans.
- Oui oui, je pense que oui... Allez maintenant, on rentre
- Tu es toujours aussi pressé ? fit-elle l'air un peu agacé, avant de se laisser entraîner.

Mais alors qu'ils montaient dans un taxi, Royan aperçut l'enseigne d'une grande bibliothèque. Curieuse, elle redescendit sans se faire remarquer de Methos, occupé à expliquer au conducteur qui semblait parler un français atroce où ils voulaient se rendre. Le taxi démarra et Methos, tournant la tête vers l'arrière, s'aperçut que Royan s'était volatilisée...
- Cette fille va me rendre complètement fou ! murmura-t-il...
Il regarda par la fenêtre et la vit, se dirigeant tranquillement vers la bibliothèque Nationale. Il s'empressa de demander au chauffeur de s'arrêter, ce qu'il accepta de mauvaise grâce. Methos courut jusqu'à la grande bibliothèque et y pénétra à sa suite, mais elle était déjà hors de vue, perdue dans la masse de lecteurs qui ne cessaient d'aller et venir dans l'énorme bâtiment.
Royan se dirigea vers la salle des revues et passa près de deux heures à consulter les archives des plus grands journaux. Elle découvrit nombre des choses dont il lui semblait n'avoir jamais eu connaissance auparavant : Les attentats d'Al-Quaïda contre les twin towers et contre le Pentagone, la guerre en Afghanistan, puis en Iraq... Au fur et à mesure qu'elle lisait, elle sentait les larmes lui monter aux yeux, des larmes de compassion mais aussi des larmes d'incompréhension... Elle ne cessait de se demander pourquoi ce monde lui semblait un si grand inconnu...

Elle se tourna un instant et vit le reflet de Methos dans une vitre. Eteignant rapidement la machine, elle s'éloigna à pas feutrés alors qu'il approchait. Elle traversa un grand couloir, remonta un escalier et déboucha dans une grande salle. Des personnes se tenaient assises devant des ordinateurs très modernes. Son air étonné n'échappa pas à la libraire qui s'approcha et lui proposa gentiment de prendre place devant un ordinateur.
- Mais... ils font quoi ? l'interrogea innocemment Royan en observant les internautes pianoter sur leurs claviers.
- Ils « surfent » sur Internet ! fit la jeune femme surprise par la question.
Royan eut un vague souvenir de cet Internet... Un réseau informatisé...
- Vous pouvez me montrer un peu le fonctionnement ? Je n'utilise pas beaucoup d'ordinateurs...
- Bien sur, venez !
La jeune femme débuta une nouvelle session et expliqua la base des recherches à Royan qui se débrouilla assez vite par elle-même.
- Ainsi, je peux donc faire des recherches sur ce que je veux par ce biais ?
- Oui, il suffit d'entrer le bon mot-clef dans un moteur de recherche et de presser « entrée », après quoi la machine fait son boulot et il n'y a plus qu'à faire un peu de tri !
- Merci... Je crois que je saurai me débrouiller seule à présent.
La bibliothécaire retourna à son travail tandis que Royan se lança dans la seule recherche qui l'intéressait : elle ouvrit une fenêtre, se connecta à Google et tapa « Royan "...

****
Methos pénétra à son tour dans la salle des ordinateurs et demanda aussitôt à la bibliothécaire si elle n'aurait pas croisé par hasard une jeune femme aux longs cheveux noirs, vêtue d'un haut rayé noir et blanc, et l'air un peu perdue... Celle-ci le lui confirma et le conduisit au poste où elle l'avait laissée mais il était vide.
- Elle est partie il y a quelques minutes seulement, expliqua la femme. Elle semblait se sentir mal...
- Comment ça ?
- Elle était très pâle... Elle n'a même pas pris le temps de fermer sa session !
En effet, une série de pages étaient restées ouvertes sur l'écran.
- Attendez, je voudrais lire cela ! fit Methos alors qu'elle s'apprêtait à les fermer.
- Je n'ai pas le droit de faire ça monsieur ! s'insurgea la femme.
- Quelque chose a bouleversé mon amie et je voudrais savoir ce que c'est pour pouvoir l'aider... Je vous en prie !
La femme finit par le laisser faire. Ce que lut Methos le laissa stupéfait....

*****
Royan avait trouvé refuge dans le métro. Elle avait glissé maladroitement quelques pièces dans le distributeur de tickets et était partie en oubliant sa monnaie tant elle était bouleversée... Elle grimpa dans le premier métro venu et se laissa emporter... Assise sur une vieille banquette de cuir, rassurée et bercée par le roulis régulier du métro, elle commença à replonger lentement dans ses souvenirs... Ils étaient réapparus brutalement dans la bibliothèque mais elle commençait seulement à y remettre un peu d'ordre..... Le bruit du moteur du métro se mêla peu à peu dans son souvenir à un autre son profondément inscrit dans sa mémoire...
# Posté le mardi 28 février 2006 19:13