Chapitre 6

Royan, toujours à la recherche du gamin "égaré" par ses parents, traversa la piste encore déserte et approcha de la ligne de départ où étaient amassés les pilotes, prêts au départ. On avait refait une annonce, mais rien n'en était ressorti. Il faut dire que les enfants parvenaient souvent à se faufiler dans les endroits les plus incongrus ! Ayant remarqué l'attitude de certains pilotes à défaut d'avoir entendu leurs paroles, elle leur jeta un regard d'une froideur impressionnante. Le pilote de la Honda rouge suivit, encore quelques secondes durant, la silhouette délicate se déplacer dans la foule, avant qu'elle ne s'y perde totalement.

Reportant son regard sur la piste, il y découvrit une créature blonde au look aguicheur et vulgaire. Le spectacle lui tira un sourire désolé. Une fois le compte à rebours enclenché, un silence de mort se fit dans la tribune comme autour des pistes, seulement troublé du ronronnement croissant des moteurs en attente. Le pied à "l'étrier" alors que la voix lançait "ZERO" et que la nana en cuir se baissait en étendant les bras à l'horizontale, l'enfer se déchaîna. Noyé dans le vrombissement des moteurs, une trentaine de motos se lancèrent à l'assaut de ce circuit exceptionnel et qu'ils connaissaient encore guère. Très vite, un petit nombre de compétiteurs se détacha de l'ensemble et prit la tête de la compétition. Le pilote de la Honda rouge, cinquième, était en bonne voie de remonter sur son prédécesseur. Le jeune homme se sentait encore plus nerveux et fébrile qu'il ne l'avait jamais été jusque là. Davantage même que lors de sa toute première course.

Alors qu'il contournait un pilier en béton, les premiers obstacles firent leur apparition. Un saut, puis un second relativement simples pour commencer mais le plus complexe ne devait pas tarder à arriver. Une troisième pente lui donna l'occasion d'enchaîner une figure double très technique. Quand il ne s'agissait que de rouler, il laissait alors une partie de son esprit errer vers le futur qui s'offrait à lui. D'autres sauts. La moto d'un concurrent dérapa, un abandon. Il se retrouvait troisième...

Le pilote de la Honda rouge franchit la ligne en seconde position derrière le favori, et toute son équipe vint le féliciter pour cet exploit. Royan approcha un peu. Elle avait fini par remettre la main sur le petit fugitif, et après l'avoir rendu à ses parents, avait suivi avec enthousiasme la fin de la course. Elle observa les trois premiers arrivants être portés en triomphe jusqu'au podium où ils ôtèrent successivement leurs casques. Le premier, le second... Elle se figea de stupeur.
Chapitre 6

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 20:49

Modifié le mardi 10 juillet 2007 16:30

Chapitre 7...

Chapitre 7...
Son regard croisa celui de Roman O'Connor qui venait de remporter la seconde place de la course. Elle tenta discrètement de s'esquiver dans la foule mais - repoussant récompenses et groupies - Roman sauta en bas du podium et la rattrapa.
- Hé ! attends moi !
Elle continua à marcher, faisant comme si elle n'avait pas entendu.
- Salut... Tu ne te rappelles sans doute pas de moi ? fit-il, haletant, en se plantant face à elle.
Elle leva vers lui un regard réticent, mais finit par murmurer :
- Si...
Il se tenait un peu de côté, prenant plus appui sur le pied gauche.
- Ca fait un bail... remarqua-t-il avec un sourire.
- Tellement longtemps que je suis surprise que toi tu te souviennes encore de moi... s'étonna malgré elle la jeune immortelle.
- Difficile de ne pas être marqué par toi.
Royan, gênée, rougit et se mordilla nerveusement la lèvre.
- Et tu n'es pas un peu... surpris de me voir ici ?! finit-elle par dire.
Roman fit mine de ne pas comprendre, juste avant de s'écrier :
- Ah, à cause de ta... hum "résurrection" ? Methos m'a tout expliqué !
- Plait-il ? fit-elle avec consternation.
- Oui, le truc du coup monté de ta mort... C'était audacieux...
Rassurée, la jeune femme se contenta de sourire pensivement. Elle remarqua alors qu'on les observait :
- Tu devrais peut être y aller, je crois qu'on attend que toi, remarqua-t-elle avec un sourire.
Roman en convint mais ne la quitta qu'après avoir obtenu d'elle qu'ils aillent boire un verre après le podium et la remise des trophées, ce qu'elle accepta sans trop savoir pourquoi. Elle l'attendit et il l'emmena dans un Pub Irlandais très animé qu'il connaissait bien. Un homme, accompagné d'une guitare sèche, chantait d'une voix gouailleuse de vieilles chansons traditionnelles et une forte odeur de cannelle flottait dans l'air. Tout cela, associé aux illuminations, achevait d'annoncer les fêtes hivernales.
Assis au bar devant une sangria, ils trinquèrent à la victoire de Roman et Royan, réellement fascinée, en profita pour lui poser tout un tas de questions sur sa participation à cette course de moto. Le jeune homme lui expliqua qu'il était passionné de ce sport depuis l'adolescence, époque à laquelle il avait fait ses premières armes dans les environs de Belfast, sur une vieille moto qu'il avait débridée avec des potes, bref rien de comparable à la superbe machine dont il disposait à présent.
- Ma mère paniquait à chaque fois que je montais dessus, se souvint-il en riant de bon c½ur.
Dans la vie de tous les jours, il possédait toujours la Kawasaki noire rutilante avec laquelle il avait raccompagné Royan lorsqu'il avait fait sa connaissance à Londres.
- Dis, je... Je sais que ça fait bateau mais je me demandais... On pourrait peut être se revoir ? se lança-t-il courageusement. J'ai passé un si bon moment, que j'aimerais prolonger l'expérience...
Embarrassée, Royan répondit en rougissant :
- Tu pourrais être très déçu...
- Ca je ne le saurai que si je tente le coup... argua malicieusement Roman.
En dépit de ses préventions, Royan finit par céder et accepta une invitation à dîner pour le surlendemain, après quoi ils se quittèrent.

# Posté le samedi 24 mars 2007 06:08

Chapitre 8

Chapitre 8
Un peu plus tard...
Roman, enfilant son casque et ses gants, s'apprêtait à rentrer à son hôtel, quand on l'agrippa vigoureusement par l'épaule. Il se tourna et découvrit un certain immortel qui le fixait d'un ½il désapprobateur :
- Tiens, tiens, le hasard fait bizarrement les choses! s'exclama-t-il d'une voix sarcastique.
Methos sonda du regard son interlocuteur. Il n'avait guère changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus, seuls ses cheveux avaient retrouvé leur brun naturel.
Roman, qui se doutait bien que la présence de Methos n'était pas pure coïncidence, avait des comptes à régler avec l'immortel.
- Tu étais au courant ?... Pour la réapparition de Royan, je veux dire, s'exclama-t-il avec emportement.
Methos fit signe que oui, un sourire provocateur sur les lèvres..
- Et tu n'as pas jugé bon de me prévenir ?! Je suis son guetteur, nom d'un chien !
- Je ne pensais pas que le hasard se mêlerait de nos affaires en te faisant recroiser son chemin. Je n'espérais pas te revoir avant très longtemps en fait, fit d'un ton placide Methos, avec une petite lueur amusée dans les yeux qui déstabilisa un instant seulement Roman. Maintenant j'aimerais connaître tes intentions !?
- Wow, c'est grave mon vieux, tu t'y crois vraiment ! s'exclama Roman. Mais bon si ça peut te faire plaisir... Mes objectifs sont simples : tout d'abord de reprendre ma place d'observateur et puis... tenter un rapprochement à un autre niveau si c'est bien ce que tu veux m'entendre dire !
- Tu vas te prendre un sacré râteau. Elle nous a jeté, Mac et moi, alors toi... Fit Methos laissant échapper un sourire volontairement méchant pour mieux masquer ses doutes.
- Ça semble pourtant bien parti, mon vieux ! répliqua Roman tout en ramassant le casque qu'il avait posé à terre.
- Tu es un obstiné toi ! fit Methos, d'un ton irrité. Les petits jeunes sont hélas toujours comme ça, soupira-t-il, et après ça nous retombe dessus...
Le petit sourire que Roman laissa échapper, suffit à excéder Methos qui attrapa brutalement le jeune guetteur par le col, et lui dit d'un ton des plus grave :
- Ecoutes mon vieux, je ne suis pas sûr que tu comprennes la portée de tes actes... Royan, en ce moment, est... (il cherche son mot quelques secondes) en quelque sorte « aguetteurisée ».
- Aguetteurisée ? s'amusa Roman en bravant du regard l'immortel, et ce en dépit de la situation inconfortable dans laquelle il se trouvait.
- Euh... Oui. Du préfixe privatif "a-" et... Bon pour le reste on s'en fout. Quoi qu'il en soit, je crois qu'il serait plus sage que tu laisses quelqu'un de plus expérimenté que toi sur le coup.
- Comme toi sans doute ? répliqua Roman sur un ton mi-boudeur, mi-moqueur.
- ... en effet, reconnut Methos avec un peu d'humeur.
Le vieil immortel relâcha sa prise et s'éloigna un peu. Il se refusait à le reconnaître mais dans le fond, outre qu'il s'inquiétait de Royan, il se sentait en position de faiblesse à côté du jeune guetteur. Ce dernier, qui en avait bien conscience, serra son casque contre lui et fit une petite mine dédaigneuse en répliquant :
- Ben en fait, non, ça ne me convient pas. Je suis déjà en contact avec elle et je ne laisserai pas tomber seulement pour tes beaux yeux !
- Un guetteur ne doit en aucun cas créer de lien affectif avec l'immortel qu'il surveille, surtout pas amoureux ! martela Methos d'un ton qui le convainquit presque lui-même. Et c'est exactement ce que tu te prépares à faire, ne me dis pas le contraire !
- Et on ne t'a jamais dit qu'un guetteur ne devait pas être l'immortel qu'il était censé surveiller ?! rétorqua sarcastiquement Roman, toujours avec ce même petit sourire. Ces foutues règles je crois qu'on en pense tout les deux la même chose.
- Je les respecte...
- ... quand ça t'arrange, ça oui tu les respectes. Tu ferais mieux d'admettre que ce qui t'ennuies réellement - et qui me vaut cette petite leçon de bonne conduite - c'est le fait que Royan me fasse davantage confiance qu'à toi et qu'elle accepte de se confier à moi. Oh oui, tu en crève de jalousie, ça se voit parfaitement sur ton visage.
- Foutaises... grogna Methos en évitant le regard du jeune guetteur. Si elle s'intéresse à toi c'est parce qu'elle voit en toi un moyen de retrouver le contact avec sa vie passée, celle où elle n'était qu'un être humain semblable à tous les autres... Pas une immortelle traquée et isolée. Elle t'imagine comme un type gentil et attentionné - et tu pourrais être ce type si tu n'étais pas un guetteur - rectification : son guetteur. Que crois-tu qu'elle ressentirait si elle venait à apprendre ton rôle ?
- Mais ça n'arrivera pas, parce que ni toi, ni MacLeod ne tenez à ce qu'elle découvre l'existence des guetteurs... Crois-tu donc qu'elle comprendrait mieux la raison de ton propre silence ?
- C'est pour sa sécurité et sa tranquillité d'esprit. Elle ne supporterait pas de se savoir observée et suivie continuellement.
- Le serpent se mord la queue... conclut Roman d'une voix chantante. Si tu veux te débarrasser de moi tu dois lui parler des guetteurs, et si tu le fais, elle t'en voudra un sacré bout de temps.... Quoi qu'il arrive on finira perdants tous les deux... Et elle souffrira.
Coincé sur ce point là, Methos se détourna pour que Roman ne voie pas la tête qu'il faisait à ce moment précis. Il aurait bien rabattu le caquet de ce « jeunot », mais aujourd'hui c'était lui le plus fort. Il ravala donc sa fierté et quitta Roman en toute (fausse) cordialité.

# Posté le dimanche 25 mars 2007 19:16

Modifié le dimanche 25 mars 2007 19:30

chapitre 9...

chapitre 9...
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Royan et Roman se retrouvèrent comme ils l'avaient prévu, et il l'emmena dans un petit restaurant japonais très sympathique. Ils discutèrent toute la soirée en appréciant un repas délicieux et un saké bien corsé. Ils en étaient au dessert quand Royan se décida à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Parle moi un peu de toi... Après tout, tu connais la plupart de mes secrets, et moi j'en sais si peu sur toi... fit-elle en se penchant un peu vers lui.
- C'est vrai, reconnut-il, je me dois d'y remédier ! Alors comme tu le sais déjà, ma famille vient d'Irlande. J'ai grandi à Belfast.
- Tu sais, une partie de la famille de ma mère est également ancrée non loin de Belfast, à Dingle.
- Je connais ce village ! s'exclama avec enthousiasme Roman. On s'y est peut être croisé un jour, qui sait ?!
- C'est possible, mais j'en doute, répondit Royan avec un sourire étrange. Mes parents ont quitté l'Irlande lorsqu'ils se sont mariés et ils ont beaucoup voyagé dès lors, faisant quasiment deux pays par an. Je suis née en Nouvelle-Zélande, à Christchurch. Je n'ai passé qu'un court laps de temps en Irlande du Sud à Dublin non loin du village où vivent mes grands-parents, il y a sept ou huit ans de cela.
Roman eut un sourire en coin.
- Pour moi, c'est plutôt le contraire. J'ai "stagné" un bout de temps à Belfast avant de partir sur Londres, puis New York...
- Tu le regrettes, d'être resté si longtemps au même endroit ?
- Disons que j'ai toujours rêvé de vivre ailleurs...
- Pourquoi ? Belfast est une ville si belle...
- Vue de l'extérieur, oui, mais la criminalité y est encore profondément ancrée et l'économie souffre d'un certain archaïsme qui nuit à la population... La présence de l'IRA n'arrange les affaires de personne. Je me suis d'ailleurs laissé entraîner, avoua-t-il en terminant son verre.
- Laissé entraîner ? A quoi ?
- Eh bien, disons que j'ai trempé dans quelques affaires pas très catholiques... De petits trafics entre Londres et Belfast, des arnaques... Des opérations sous l'égide de l'IRA.
- Des attentats ? demanda-t-elle dans un souffle.
- Jamais ça ! fit Roman, révulsé à cette seule suggestion. La violence directe, ce n'est pas pour moi, mais on peut dire de mon passé qu'il est chargé.
- Ce qui compte c'est que tu aies choisi de changer...
L'expression que prit le visage de Roman troubla Royan. Le jeune homme baissa la tête.
- Je n'ai pas vraiment eu le choix... Disons que des évènements extérieurs à ma volonté ont motivé ce changement. J'aurais peut être mal tourné sans cet électrochoc... J'étais un vrai petit con à l'époque, toujours fourré là où il ne fallait pas ! ajouta-t-il en riant, avant de laisser passer un long blanc que Royan n'osa briser.
Il finit par reprendre son récit, d'une voix un peu éraillée :
- Mes parents... Mes parents ont été assassinés... On a retrouvé leurs corps un soir dans une ruelle, ils avaient été abattus d'une balle en plein c½ur. (il mima avec la main le geste de tenir un flingue, viser et tirer, avant de poursuivre) Ca m'a fait réfléchir et poussé à revoir certaines priorités...
- Je suis désolé... compatit Royan, notant à peine que la main de Roman s'était posée sur la sienne tant elle était bouleversée par cet aveu. C'est arrivé il y a longtemps ?
- Neuf ans. Ce jour là je me suis juré de tout faire pour retrouver leur assassin et de le faire payer... Ca me prendra peut être toute ma vie mais j'y arriverai !
- Tu as... des pistes ?
Il secoua la tête.
- Infimes, mais je suis d'un naturel buté. C'est mon côté Irlandais qui ressort je crois...
Royan baissa les yeux, et songea qu'elle pouvait, mieux que n'importe qui d'autre, comprendre cette soif de vengeance.
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# Posté le jeudi 12 avril 2007 05:17

chapitre 10 !!

chapitre 10 !!
(NDLR: Apparition de Mona/Penthésilée, à noter que j'ai changé d'actrice lool c'est Famke Jenssen qui l'incarne en fin de compte, et pas Mariska Hargitay)-
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Au même moment
Mac, figé au coin de Stanton et d'Elis Avenue, était très troublé de retrouver l'immortelle qui venait de surgir devant lui. Il l'avait connue quelques siècles auparavant en Russie, à une époque où il avait fait plusieurs courts séjours à la cour de Catherine la Grande. Connue comme "La Demarkov" et réputée pour la froideur de son caractère et sa haute intelligence, l'immortelle en question était probablement la personne la plus liée qui soit à l'impératrice, jouant à la fois le rôle de conseillère, confidente - et amante selon certaines rumeurs. D'aucuns la disaient totalement indifférente aux charmes des hommes mais nombreux étaient ceux qui se laissaient tenter par le défi qu'elle représentait, et nombreux furent ceux qui subirent les moqueries face à leurs échecs. Mac ne fit bien entendu pas exception, mais son approche un peu plus raffinée que celle des autres lui permit de gagner l'amitié de la noble dame, à défaut de son amour.
- Mona ?! Je n'arrive pas à y croire ! Ca fait si longtemps...
- MacLeod ?! Si je m'étais doutée que je te reverrais dans ces circonstances... murmura-t-elle avec émotion alors qu'il la serrait dans ses bras. Je ne pouvais pas avoir de meilleure surprise !
- Il me semblait que tu t'étais jurée de ne jamais quitter l'Europe...? S'étonna le Highlander.
- Que veux tu, certaines nécessités dépassent de loin nos désirs... Mais je ne compte pas m'éterniser ici.
- Il faut absolument que tu me racontes ce que tu es devenue, que dirais-tu d'un bon verre de vodka pour nous réchauffer tous les deux comme au bon vieux temps ? Je connais un endroit fameux.
- Je ne dis pas non, Duncan MacLeod !
- J'ai des amis à te présenter....
- D'autres immortels ?
- Oui, pour l'un d'entre eux, mais ne t'inquiètes pas, il ne te défiera pas... A vrai dire c'est un poltron revendiqué, qui préfère l'esquive à l'attaque, il est rusé mais pas méchant.
- Je n'en doute pas s'il est de tes amis... fit Mona avec un sourire appuyé.

C'est ainsi que Mona Demarkov fit la connaissance de Methos et de Joe, ainsi que de Beckett. Une fois ce dernier parti, la conversation prit un tour autrement plus sérieux :
- Que fais-tu là ? Telle que je te connais, ta présence doit être le fait d'un motif sérieux.
- Tu ne te trompes pas Duncan. Je suis ici à la recherche d'une de mes élèves...
- Je croyais que tu avais renoncé à en prendre, s'étonna l'Ecossais.
Mona baissa les yeux et soupira.
- C'est une longue histoire, mais pour résumer, j'ai eu une élève il y a de cela quelques mois et je dois lui parler... m'assurer qu'elle va bien et la mettre en garde.
- Contre un autre immortel ?
- Une femme... qui fut elle aussi mon élève il y a très longtemps et qui me trahit... J'ai appris qu'elle venait d'arriver ici, à New York, dans un but très précis, celui de retrouver cette jeune immortelle, et elle est prête à tuer tout immortel qu'elle croiserait sur son chemin.
- Qu'a donc de si spécial votre élève pour que cette femme soit si attachée à la retrouver ? s'enquit alors Methos.
- Je l'ignore, dut avouer Mona. C'est une jeune fille très prometteuse mais à priori pas davantage qu'une autre jeune immortelle. Mon ancienne élève disposerait d'informations sur elle auxquelles je n'ai malheureusement pas accès. Mais d'après le peu que je sais, il se trame quelque chose d'important...
- Tu veux un coup de main pour retrouver ton élève ? proposa MacLeod. Tu as toujours aimé faire cavalière seule mais cette fois-ci, je ne suis pas sûr que ce soit la solution... New York est immense et surpeuplé, surtout pour les fêtes d'Hiver et le froid n'arrange rien.
Mona laissa échapper un rire léger qui prouva qu'elle ne ressentait nulle inquiétude à ce sujet.
- Ton offre est généreuse cher Highlander mais – ne m'en tiens pas rigueur - je préfère la refuser.
- Pourquoi ? s'entêta MacLeod avec surprise. Dis moi, comment comptes-tu donc la retrouver ?!
- Peut être avec... ma chance ! Disons que c'est une affaire... de femmes. La seule chose que tu aies besoin de retenir, c'est de rester à bonne distance du chemin de Salomé ! s'exclama-t-elle, dévoilant enfin le nom abhorré sans pour autant faire plus de commentaire. Toi comme tes amis d'ailleurs, si vous tenez à vos jolies têtes. Sur ce, je dois m'en aller mais ce fut un plaisir que de te revoir et de faire la connaissance de tes amis... Ca m'évitera de les défier en combat si je recroise leur chemin...
Joignant le geste à la parole, elle se pencha au dessus de la table et déposa un bref baiser sur les lèvres de l'Ecossais avant de se lever pour prendre son long manteau de cuir rouge sombre et de s'en aller. Restés seuls, Methos et Joe souriaient bizarrement au point que Mac, s'en apercevant, s'exclama :
- Oh ça va vous deux avec vos sourires narquois !? Ce n'est qu'une amie, rien d'autre !
Methos haussa les épaules.
- Et toi, fit encore Mac, je te signale qu'elle ne plaisantait pas ! Continue comme ça et Mona me servira ta tête sur un plateau.
- Depuis quand tu joues les « toys boys » ? se moqua Methos avant de demander plus sérieusement : C'est qui cette Salomé dont a parlé ta Russe ?
- Elle n'est pas russe bon sang, mais Grecque !
- Désolée mais avec un nom comme ça aussi !
- Son vrai nom était Penthésilée.
- L'Amazone ! s'exclama Methos. Mince alors j'ai raté des trucs en Grèce !
- Salomé... je connais cette immortel de réputation, remarqua Joe. Elle est insaisissable. Aucun guetteur n'est parvenu à la suivre plus d'une journée sans la perdre. Je sais aussi qu'elle est à la tête d'une sorte de groupe ou organisation basée en Thessalie depuis quelques siècles. Dans un coin vraiment paumé...
- Tout ça c'est une très vieille histoire... fit alors Duncan. Salomé fut la dernière élève de Mona... La meilleure de toutes celles qu'elle ait jamais formé, mais également la plus dangereuse. Mon amie, ayant accordé sa confiance en Salomé, en fit sa confidente, mais cette dernière n'était intéressée que par le pouvoir et le trophée que représentait la tête de Mona. Elle lui a tendu un piège, pour la tuer, mais elle a du se contenter de la condamner à l'exil. Je ne connais pas vraiment de détails... Ce que je sais en revanche c'est qu'à compter de ce jour, Mona s'est solennellement fait la promesse de ne plus jamais reprendre d'élève...
- Si elle a changé d'avis c'est que ça valait le coup ! supposa Methos.
MacLeod se remémora les paroles de Mona : " Certaines nécessités dépassent de loin nos désirs..".
- Vous savez quoi ? Je pense qu'il est de notre responsabilité de nous intéresser d'un peu plus près à cette affaire... Après tout cette menace nous concerne tous, remarqua Methos.
- Et tu vas nous dire que tu es volontaire ? ironisa Joe.
- Mo... Moi ? Euuh je songeais plutôt à me mettre au vert jusqu'à ce que la situation se calme. J'ai des trucs à régler.
- C'est ça va te terrer dans ton trou, moi je peux déjà faire le tri parmi toutes les informations collectées par les guetteurs sur Salomé et Mona, proposa Joe. Avec un peu de chance, je finirais bien par trouver quelque chose sur cette Salomé.
MacLeod songea que Mona allait détester cette ingérence dans ses affaires, ce qui ne l'empêcha pas de donner son feu vert à son ami.

# Posté le jeudi 12 avril 2007 05:28