Chapitre 34

Chapitre 34

Royan, émue et bouleversée par ce qu'elle venait d'entendre, ne parvenait plus à réagir, ni même parler. Les mots étaient comme coincés au fond de sa gorge.
- Je ne te demande pas de comprendre, juste de me donner un oui ou un non... répliqua froidement Penthésilée.
Salomé sourit avec dureté, l'½il songeur.
- Qu'est-ce qui m'empêche de vous tuer toutes les deux... ? Tu résisteras peut être un moment mais j'ai nombre de fidèles avec moi, prêtes à me donner un coup de main pour te briser ! Ne m'as-tu pas appris que se battre pour ce qu'on voulait était quelque chose d'essentiel ?
- C'est vrai... mais je t'ai aussi appris que le compromis avait du bon... Tu me connais et tu sais que je pourrais causer de sérieux dégâts dans tes rangs... Et sans me vanter, peut être aussi m'en sortir en vie...
Elle souriait toujours, tandis que Salomé hochait doucement la tête, l'air de peser le pour et le contre... Les autres jeunes femmes la regardaient faire avec inquiétude... Elles ne semblaient pas avoir grande envie de se mesurer à Penthésilée, légende vivante dans leurs rangs, bien qu'ennemie jurée de leur propre guide. L'une d'entre elles sortit du rang. C'était une jeune femme aux cheveux bruns bouclés, d'une stature toute en finesse. L'air très décidé, elle parla pour les autres :
- Madame... Nous pensons que cette proposition est plus que sage... Vous pourrez retrouver par la suite cette fille et en finir sans mal avec elle c'est certain...

Salomé tendit le bras et posa la main sur l'épaule de son interlocutrice avec un sourire. Elle avait beau être à la tête du groupe, elle écoutait ce que "ses filles" avaient à dire lorsqu'un choix grave de conséquences se présentait à elle et Aja l'avait toujours bien secondé.
- J'accepte, fint-elle par dire, mais tu dois jeter ton épée et toute arme que tu aurais sur toi avant que je ne la fasse relâcher... Je ne me ferai pas avoir une deuxième fois !
Elle n'ajouta pas un mot de plus et Penthésilée n'esquissa pas un geste.
- Qu'attends-tu ? fit Aja. Tu n'as pas entendu ce que t'as dit Salomé ?
Dédaignant la regarder en face, Penthésilée répliqua simplement qu'elle n'avait pas plus confiance en Salomé que Salomé n'avait confiance en elle....
- Que proposes-tu dans ce cas ?
- Jure que tu respecteras ta parole et épargneras la vie de Royan, sur la mémoire de Jean-Baptiste... voilà ma condition.
Salomé se raidit sensiblement, les yeux presque révulsés de colère et de haine. Royan crût un instant qu'elle allait perdre tout contrôle mais ce ne fut pas le cas. Un feu intérieur l'habitait à présent, visible à travers l'éclat brûlant de ses pupilles, pourtant elle s'exécuta et donna sa promesse.
- Bien, fit Penthésilée, posant ses armes à terre.
Elle les fit glisser loin d'elle et tendit ses mains en avant.
- Penthésilée... Non, ne fais pas ça... Je n'en vaux pas la peine... ! s'exclama Royan en se tortillant pour échapper à l'étreinte de ses deux "gardes" qui la poussèrent violemment par terre.
Salomé leur ordonna de l'emmener loin d'ici et de la laisser partir en vie.
- Mais... s'opposa Katya, une pulpeuse immortelle brune. On pourrait en profiter maintenant et faire d'une pierre deux coups, tu ne penses pas... ? Il n'y a plus aucun risque, fit-elle en s'approchant de Salomé.
Cette dernière se tourna vers elle et lui enfonça d'un coup brusque son épée dans le ventre. La fille s'écroula sans un cri.

- Elle avait besoin d'une petite leçon de vie... s'écria-t-elle à l'attention des autres filles. Ma parole est quelque chose de sacré et je crois qu'elle l'avait oublié ! (elle fit un signe) Emmenez là loin d'ici, je ne veux plus la revoir... !
Une autre jeune femme s'occupa de dégager le corps de Katya, pendant qu'on entraînait Royan au loin. Cette dernière tenta de résister en donnant des coups à ses geôlières, en vain... La dernière vision qu'elle eut de la situation fut celle de Penthésilée avançant sans armes vers Salomé, comme un condamné marche vers l'échafaud... Quant à Roman, il était toujours à terre et ne bougeait plus... Etait-il encore en vie ?... Elle ne put en avoir le c½ur net. Bientôt, littéralement jetée en dehors de la prison, elle se retrouva de l'autre côté du grand portail principal en verrouillant l'accès... Il neigeait et le froid lui brûlait la peau, pourtant elle se jeta contre le portail qu'elle cogna de toutes ses forces. L'idée de ce qui était entrain de se passer à l'intérieur lui était plus qu'insupportable... Il lui donnait la nausée. Elle frappa ainsi de longues minutes durant, se blessant les mains au point d'avoir les chairs à vifs... Puis elle se laissa tomber à genoux dans la neige en sanglotant. L'image qu'elle donnait était très intense et aurait pourtant donnée le frisson au premier passant venu : une jeune fille agenouillée dans la blancheur de la neige, que maculait le rouge vif de son propre sang, à la lumière blafarde et jaune des projecteurs de la prison que Salomé avait ordonné de garder en fonctionnement pour ne pas attirer l'attention.
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# Posté le jeudi 27 novembre 2008 17:59

Chapitre 35

A l'intérieur, les deux femmes étaient à présent seules. Penthésilée s'agenouilla et tendit le coup.
- Une dernière volonté ? s'enquit Salomé avec une lueur d'impatience dans les yeux.
- Oui... Dis moi juste, pourquoi... ?
- Pourquoi quoi ?!
- Pourquoi tout ça ? Toute cette haine ? Je t'ai formée et aimée comme une fille puis une s½ur... Alors qu'est-ce qui t'as poussée à me haïr ainsi ?
- Tu te trompes... je ne te hais point, mais j'aime le pouvoir, la sécurité... et tant que tu seras en vie je ne serai jamais en paix...
- Le pouvoir, c'est donc ça... une question de pouvoir... Qu'est-ce que ça t'apporte réellement ?
- Le contrôle... celui de ma vie ! J'ai mis toute ma confiance dans une personne autrefois, alors que j'étais mortelle et en conséquence de cela, j'ai creusé de mes mains la tombe où gît l'homme que j'aimais plus que la vie... Je crois que mon humanité est morte avec lui et je ne laisserai jamais plus personne d'autre avoir le moindre contrôle sur moi...
- Pauvre petite fille... soupira Penthésilée les larmes aux yeux. Si j'avais su cela...
Salomé marqua un bref recul, puis finit par abattre son arme sur le coup de Penthésilée qui ne bougea pas d'un pouce.

Une lumière intense se forma, accompagnée d'un vacarme assourdissant qui, traversant les murs de la prison, atteignit bientôt Royan. Le bourdonnement fut bientôt remplacé par un silence de mort... La jeune immortelle se releva et regarda fixement la prison, elle sentait sa raison vaciller... Que s'était-il passé ? Elle le savait au fond d'elle-même mais avait besoin de s'en assurer... Elle s'accrocha au grillage métallique et commença à l'escalader se déchirant pour cela la peau des mains. Puis, passant de l'autre côté, elle sauta et atterrit dans la cour. Elle se redressa en restant sur ses gardes et marcha rapidement jusqu'à l'endroit où elle avait laissé Salomé et Penthésilée.
Chapitre 35
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# Posté le jeudi 27 novembre 2008 18:34

Chapitre 36

Chapitre 36
Il n'y avait aucun signe de vie, nulle part... C'était comme si Salomé et ses filles s'étaient évanouies dans la nature... Elle marqua un arrêt... un corps sans tête gisait par terre... Elle perdit tout espoir à ce moment là, reconnaissant sans doute possible Penthésilée... Elle marcha jusqu'à elle et, lentement, se pencha sur son corps et pleura... Elle pleurait ainsi la seule femme qui l'ait si totalement comprise... Un bruit la fit se redresser violemment. Roman... Il bougeait encore.... Elle courut vers lui et souleva doucement sa tête. Il entrouvrit les yeux et sourit de ce sourire déluré qui l'avait tant amusée, puis séduite... Il souriait comme s'il avait une bonne blague à faire, ou comme si tout cela n'était qu'une bonne blague...
- Je suis désolé, murmura-t-il en toussant. Je me suis servi de toi et le résultat est plutôt moche à voir... J'aurais du te dire qui j'étais réellement...
Royan l'écoutait...
- Mon "guetteur"... C'est ça...? mais quel est ton rôle au juste ?
- Nous vous observons, et consignons votre histoire... J'aurais pas du interférer mais j'ai pas pu faire autrement...
- Alors Londres... notre rencontre ce n'était pas dû au hasard ?
- Je ne pensais pas rentrer en contact avec toi, mais le hasard nous a fait choisir la même cachette !
- Le hasard a bien fait les choses...
Des sirènes se rapprochaient...
- Tu devrais filer... remarqua Roman.
- Je ne peux pas te laisser voyons ! s'opposa-t-elle.
- Si... je vais mourir mais... ce n'est pas très grave... Mon seul regret sera de ne pas avoir vengé mes parents...
- Tiens le coup... Les secours ne vont pas tarder... le supplia-t-elle en caressant d'une main son front trempé de sueur glacée.
Roman eut un sourire entre tendresse et lassitude. Royan se pencha et l'embrassa. Elle sentit soudain un buzz et se retourna... Salomé se tenait là, seule, à droite du corps sans vie de Penthésilée...
- Tu es revenue... ?! fit-elle. Tu n'aurais pas dû... J'ai respecté ma part du contrat en t'épargnant et en te donnant la possibilité de partir... A présent, plus rien ne m'empêche de ma battre avec toi et de t'exterminer... !
Royan se redressa et se jeta sur Salomé. Les deux femmes roulèrent par terre et commencèrent à se battre comme des chiffonnières. Dans son coin, Roman faisait quelque chose qui occupait toute son attention.... Il se releva et approcha, luttant de toutes ses forces pour contrôler sa douleur. Salomé, elle, s'amusait comme une folle... du moins jusqu'à ce qu'une balle tirée par Roman ne vint se loger dans son genou, la faisant s'effondrer de douleur... En dépit de sa situation, elle trouva la force de rire... Roman avait jeté son arme à terre et s'approchait d'elle en boitillant. Une traînée de sang marquait son passage.
- Ce ne sera pas suffisant pour m'avoir mon beau... Je suis IMMORTELLE !!!! s'exclama-t-elle en riant, un rire à gorge déployé, du rire d'un esprit malade...
Le jeune homme baissa les yeux et sortit quelque chose d'autre, quelque chose qui fit pâlir Salomé... Du plastique et une amorce... S'il cela sautait, l'explosion soufflerait et éparpillerait en petit morceaux tout ce qui se trouverait dans un rayon de 5 mètres... Soit tout ce qui était dans cette cour... elle jeta un ½il aux passerelles au dessus d'elle desservant les différentes cellules où elle aurait pu être en sécurité mais elle ne pouvait plus faire un pas et encore moins monter les escaliers y menant...Espérant encore sauver Roman qui se dirigeait vers Salomé, Royan ignora le danger et se mit en travers de son chemin. Les sirènes étaient à présent toutes proches...
- Ne fais pas ça... Je t'en prie... Tu dois vivre...
Roman baissa les yeux.
- Salomé a bien choisi l'endroit où elle m'a frappé, c'est un... miracle que je sois encore vivant mais je sais que dans quelques minutes ça sera fini... Alors autant que ma mort serve à quelque chose. Je partirai en sachant que tu es libérée d'elle...
Salomé pleurait de rage et de douleur dans son coin. Elle s'était un peu éloignée en se traînant sur le côté, puis avait abandonné, incapable de supporter sa douleur.
Royan, elle, pleurait aussi mais c'était parce qu'elle était malade de tristesse : perdre Roman après Penthésilée, c'était trop pour une seule nuit pour elle... ! Roman fit glisser une main sur sa joue et lui dit de ne penser qu'à sauver sa vie, il l'embrassa avec rage et passion puis la dépassa. Elle lui lança un dernier regard incertain avant de regagner en titubant la sortie. Elle venait de passer le grillage quand l'explosion retentit derrière elle... Elle se laissa tomber à genoux par terre, la tête entre ses mains. C'en était fini... Tout était fini... Fini... Salomé ne la menacerait certes plus jamais mais à quel prix !... Le hurlement des sirènes associé aux lumières des gyrophares la sortirent de sa torpeur et, s'enfonçant dans la torpeur de la nuit, elle s'éloigna rapidement ....
Elle erra encore une longue partie de la nuit avant de s'immobiliser devant une cabine téléphonique... Elle hésita un instant encore, puis s'engouffra à l'intérieur...

# Posté le jeudi 27 novembre 2008 19:08

Chapitre 37

Une quinzaine de minutes plus tard, Methos arriva au volant de sa voiture. Il trouva Royan transie de froid, assise sur le rebord du trottoir, prostrée et littéralement muette. Il lui frictionna les mains et la contraignit à enfiler son long manteau noir, après quoi il l'aida à monter à l'arrière de la voiture. Elle s'étendit sur la banquette et ne tarda pas à s'endormir sans avoir dit un mot... Elle dormit longtemps, très longtemps... A son réveil, elle découvrit qu'on l'avait installée dans la chambre d'amis de l'appartement de MacLeod, et que Joe s'était endormi à son chevet. Elle se redressa sans bruit et alla lui couvrir les épaules d'une couverture.

Royan resta très silencieuse les jours qui suivirent, mais finit par raconter, à son rythme, ce qui s'était passé lors de cette terrible soirée... Tout raconter lui permit d'exorciser ce cauchemar, et elle ne tarda plus à se reprendre en main à la grande joie de Methos. Joe lui, au contraire, s'inquiétait de la voir réagir de cette manière : recommencer à sortir, s'amuser, passer ses nuits dehors... Tout ce qu'elle avait cessé de faire en devenant immortelle. Elle semblait vouloir se noyer dans le tourbillon des plaisirs de la vie et tout oublier... peut être un peu trop vite. Même Methos ne parvenait plus à garder le rythme, et l'accompagnait de moins en moins fréquemment dans ses sorties. Les prises de bec n'étaient pas rares entre les deux. C'est à peine si elle les avait questionné sur les guetteurs.

Un soir, le vieil immortel s'approcha de Royan qui semblait l'attendre, tournée vers la fenêtre. Elle observait d'un ½il songeur la rue et la foule qui s'y pressait... Methos nota que les mains de la jeune femme tremblaient. Il se rapprocha d'elle jusqu'à pouvoir saisir son visage entre ses mains et faillit reculer : le regard de Royan était d'une surprenante luminosité.
Methos se surprit une seconde à songer à la possibilité de la reprise « normale » du cours de leurs vies ; par « normal », il fallait comprendre telle qu'elle avait pu être avant que n'adviennent la disparition de Royan et tout ce qui s'en était suivi...
Une larme échappa soudain à Royan, la jeune immortelle ne cherchant plus à retenir ces pleurs silencieux, contenus, mais sans l'ombre d'un espoir...
- Est-ce que... Est-ce que l'offre que tu m'a faite tient toujours ? finit-elle par lui demander d'une voix hésitante.
Methos, l'½il sombre, tarda à répondre.
- Oui, finit-il néanmoins par dire. Mais... dis moi pourquoi souhaites-tu partir... ?! Salomé ne constitue plus une menace...
- Oh Methos ! Tu sais bien que ça n'a rien à voir avec ça, grimaça Royan. J'ai perdu Penthésilée, mon guide et mon amie.... Et puis Roman. J'ai besoin de solitude pour me retrouver, tu peux comprendre ça ?
- Bien sur que oui...soupira Methos à contrec½ur.
- Tu vas contacter ton ami alors ? insista Royan d'une voix anxieuse, les tempes battantes.
- C'est comme si c'était fait ! s'exclama Methos d'un ton qu'il voulait enjoué mais qui sonnait franchement faux...
Un sourire rêveur plana sur les lèvres de Royan qui n'avait pas remarqué la déception visible de Methos.
- Je voudrais partir vite... Très vite... Je donnerai de mes nouvelles par lettre cette fois-ci. Je ne peux pas te promettre davantage...
Methos jeta un dernier regard sur Royan avant de sortir : ses longs cheveux d'un noir brillant, ses grands yeux sombres, sa frimousse provocante.
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Chapitre 37
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# Posté le jeudi 27 novembre 2008 19:26

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 20:06

CHAPITRE 38 - FIN

CHAPITRE 38 - FIN
Pendant ce temps, dans la banlieue chic de New York
Jack McCoy décrocha sans trop y réfléchir le téléphone qui sonnait dans le vide depuis quelques secondes :
- « Allo ? Oui.... ?!... Elle est absente pour le moment mais je peux lui transmettre un message... »
Jack laissa échapper de ses mains le journal qu'il tenait et se rassit.
- « ... Oui je suis toujours là. Je... Je lui dirai, d'accord... Bien sur... »

Lorsque Angie arriva chez elle ce soir là, elle comprit tout de suite au visage de Jack que quelque chose était arrivé, quelque chose de grave... Elle laissa tomber ses sacs à terre et s'avança jusqu'à lui :
- Jack... Dis moi ce qu'il y a ?!
- Il y a eu un appel assez troublant... C'était pour toi.
- Ne me laisse pas sur ma faim... ! Dis moi de quoi il s'agit... !?
- Jesse Harper a été retrouvé !
Angie soupira :
- On a donc retrouvé son corps... ? Mon dieu.... Ca devait nécessairement finir par arriver, mais ça va rester un moment dur à passer...
Elle se laissa tomber sur le canapé.
- Non, pas son corps, la corrigea Jack avant de lui verser un verre. Il est réapparu vivant !
Angie qui s'était penchée pour se saisir du verre resta pétrifiée par la nouvelle....


FIN, Et à suivre....

# Posté le jeudi 27 novembre 2008 20:08