29è partie

- Et puis comment pourras-tu contacter Alexis tout en « faisant la morte » ? Il n'aura aucun motif de cacher ta réapparition lui.
- Je m'arrangerai... Mais raconte moi d'abord ce qui s'est passé après ma disparition ??
- Eh bien... Damien et Alexis sont réapparus au camp alors qu'on vous croyait tous perdus. Damien était en proie au mal des montagnes, il a eu une très forte fièvre et a déliré... Ses vêtements étaient tachés de sang. Peu après, une expédition allemande a retrouvé le corps de Carpenter, l'autopsie a mis en avant qu'il avait été poignardé à l'aide d'une sorte de pic. Quelques jours ont passé avant que les policiers népalais viennent l'arrêter, depuis je ne l'ai jamais revu seul à seul... Alexis a témoigné en sa faveur, mais ça n'a pas fait grand-chose, Carpenter était très apprécié là bas et son présumé assassin allait devoir payer le prix fort ! Les avocats de la veuve de McEnroe nous ont aussi mis des bâtons dans les roues... On a découvert que l'arme du crime était le piolet de Damien... La police a obtenu les aveux de Damien très rapidement... Il n'avait aucun avocat pour le soutenir et le conseiller. Il a complètement été isolé...
- Pas d'entrevue ?
- Aucune... Finalement c'est grâce à l'aide d'Alexis qu'il a été extradé au Royaume Unis où il a eu un procès très médiatisé... Voilà, tu sais tout.


Pendant ce temps au Blues Bar,
- Quoi de neuf Joe ? demanda Methos en s'asseyant au bar.
Le vieil homme comprit tout de suite au traits tirés de l'immortel que celui-ci de faisait du souci depuis la disparition de Royan dans la nature...
- Pas grand chose, murmura-t-il à contrecoeur. J'ai parlé avec les guetteurs de Londres et ils ont mis un de leurs gars sur le coup...
- Rien d'autre ? s'étonna Methos avec irritation.
- Cette petite n'est malheureusement pas leur priorité... De plus sa présence dans la capitale britannique reste très hypothétique, tu dois l'admettre.
- Foutaises ! se récria Methos. J'ai toujours su que cette fichue société secrète c'était de l'esbroufe ! On leur demande juste un petit service et il n'y a déjà plus personne !! Quand je pense à tout le mal que je me suis donné pour eux en tant qu'Adam Pierson !! Si j'avais su...
- Hum... Il me semble que tu n'as fait que dormir et te planquer ! répliqua avec humour Joe.
Methos tourna la tête vers lui et lui lança un grand sourire :
- Ben oui mais ça demande plus d'énergie qu'on ne pourrait se l'imagine !
- Quoi qu'il en soit, reprit Joe, on m'avertira dès qu'il y aura des nouvelles.
- Autant dire jamais ! fit Methos.
- Tu vas finir par me dire ce qui t'arrive, bon sang ?
- Disons que j'ai un peu d'expérience et que le haut niveau d'incapacité général des guetteurs n'est pas fait pour me rassurer ! Je ne dis pas cela pour te vexer...
- Tu ne leur fais pas confiance ?
- On connaît bien le système toi et moi, Joe ! ils vont mettre un incapable ou un p'tit jeune sur l'affaire...
- Et que compte-tu faire ? Car il est évident que tu as une idée en tête...
- J'ai fais quelques recherches complémentaires sur Royan, et j'ai découvert qu'elle avait une soeur aînée qui vit à Londres... J'ai l'adresse.
- Tu comptes t'y rendre ?
- Dans le mille !
29è partie

# Posté le samedi 01 avril 2006 18:12

Modifié le lundi 16 juillet 2007 08:02

30è partie

30è partie
*******
Londres
Après le départ d'Angie pour le boulot, Royan sentit le besoin de réfléchir, et enfermée entre quatre murs, elle n'y arrivait décidément pas ! Elle enfila une veste et sortit. L'air était d'un froid vif que le soleil qui rayonnait au-dessus de sa tête ne parvenait pas à adoucir. Après avoir erré un moment au bord de la Tamise, elle arriva à Picadilly Circus. Là se tenait une grande foire aux Antiquités. Elle jeta un oeil distrait aux étalages qu'elle longeait, avant de s'immobiliser devant une superbe collection de sabres. Elle repensa à ces duels dont lui avait parlé Methos et sentit l'angoisse l'étreindre... Tuer un homme. En serait-elle capable ? Elle n'en avait pas la certitude. Elle était encore plongée dans ses pensées quand elle retint son souffle... Elle venait de découvrir qu'on l'observait... Ce sentiment l'avait déjà vaguement effleuré un peu plus tôt dans la journée mais elle l'avait aussitôt mis sur le compte du stress... A présent en revanche, l'impression s'était muée en certitude...
Elle se pencha légèrement en avant comme pour mieux observer le détail des armes et tourna un peu la tête de côté, saisissant du regard une ombre se glissant furtivement d'échoppe en échoppe... Malheureusement pour Royan, l'éclat du soleil créait un effet de contre-jour qui dissimulait la physionomie et l'habillement de son "poursuivant". Elle savait que c'était un homme, rien d'autre.
Elle se redressa avec discrétion et se faufila dans une allée, avant de rejoindre une avenue parallèle. Une fois sure d'avoir échappé à l'homme, elle poussa un petit soupir agacé. Elle s'était toujours juré faire face aux difficultés, quelle qu'elles soient, et ce n'était pas maintenant qu'elle allait commencer à fuir ! Rebroussant chemin, elle regagna Picadilly Circus où grouillait une foule de badauds. Elle se mit à observer les passants à la recherche de son mystérieux poursuivant. Une bande d'enfants chahutait à proximité d'un étal où deux femmes d'âge mûr se crêpaient le chignon pour un service à porcelaine. Un couple se bécotait à l'ombre d'un platane, et plusieurs personnes vaquaient de-ci, de-là, s'arrêtant seulement pour constater le prix exorbitant des objets proposés...
Tout à coup, Royan se recula dans l'ombre d'un porche... Son regard s'était fixé sur un homme brun d'une quarantaine d'années, plutôt grand, dont émanait -du moins aux yeux de Royan- tout à la fois du charisme et quelque chose d'effrayant. L'homme était très ambigu dans ce sens que l'élégance de ses vêtements tranchait radicalement avec sa façon d'être nonchalante, et les quelques tatouages partiellement visibles. Se tenant droit dans l'encoignure d'une porte, il scrutait la foule, caché derrière ses grandes lunettes noires, la main gauche posée sur le bras droit dans un geste que Royan ne connaissait que trop bien...
La jeune immortelle réfléchit un instant à ce qu'il était bon de faire. Le voyant s'éloigner, elle abandonna tout bon sens et se mit à le suivre...

# Posté le samedi 01 avril 2006 19:00

Modifié le dimanche 02 avril 2006 11:01

31è partie

31è partie
L'homme avançait vite, et Royan avait de plus en plus de mal à ne pas se faire semer. Au croisement de deux rues, elle ralentit... Il s'était arrêté net et semblait réfléchir. Craignant d'avoir été repérée, Royan, se replia un peu en arrière. Quelques minutes passèrent avant qu'elle n'ose jeter un oeil vers lui. Il avait disparu ! Contrariée et légèrement mal à l'aise, elle s'aventura à découvert, quand soudain elle le vit... Immobile, il l'observait avec un sourire plein de séduction et d'assurance. Paniquée, la jeune fille rebroussa chemin et s'engouffra dans une ruelle, avant de retomber sur la foire. Elle hésita peu avant de s'engouffrer dans une des échoppes montées pour la vente. On y vendait différents instruments.

# Posté le lundi 03 avril 2006 16:25

Modifié le lundi 03 avril 2006 16:37

32è partie

32è partie
Dans un recoin, un jeune homme accroupi, un genou à terre, testait une guitare acoustique. Il ne sembla même pas remarquer l'intrusion brutale de la jeune fille tant il était concentré sur ses réglages. Royan n'osa le déranger alors qu'il entamait une mélodie qu'elle avait toujours adoré. Il chantonna quelques accords de sa voix très particulière. Une des cordes de l'instrument finit par se rompre, interrompant en même temps avec brutalité le charme magique de l'instant et rappelant à Royan la proximité du danger... Le jeune homme, qui venait de découvrir sa présence, lui demanda s'il pouvait faire quelque chose pour elle.
- Ce... C'est votre stand ?
- Celui d'un ami que j'aide, répondit-il en fronçant des sourcils d'un air surpris.
- Je... je n'ai pas le temps de vous en expliquer la raison mais il faut que je me cache... Aidez-moi ! l'implora-t-elle.
- Mais... De quoi voulez-vous...?
Il n'acheva pas sa phrase. Face au regard désemparé de Royan, et à sa peur évidente, il souleva un pan de toile qui recouvrait l'une des tables à trépied et elle s'engouffra dessous. Il venait à peine de relâcher le tissu lorsque l'homme qui suivait Royan fit son apparition. Il pénétra dans le stand, jeta un oeil, puis s'éloigna...

Royan chercha une explication valable à ce qui s'était passé face au jeune homme qui l'observait d'un oeil amusé :
- Je préfère ne rien savoir des motifs qui vous ont poussés à venir vous cacher sous cette table pour échapper à cet homme... finit-il par lui dire. J'évite en général de me mêler des problèmes des autres, et je ne les ennuie pas avec les miens, affirma-t-il avec un grand sourire malicieux.
- C'est une philosophie de vie intéressante, reconnut Royan, soulagée de ne pas avoir à inventer d'excuse bidon pour une fois.
- Elle me réussit pas mal en effet. Confirma-t-il.
Il rangea la guitare qu'il tenait dans son étui, jeta un oeil à sa montre et se retourna vers Royan :
- Je vais devoir fermer le stand... J'ai un rendez-vous et je suis hélas assez pressé, lui expliqua-t-il.
- Bien... Euh, dans ce cas je vais m'en aller...
Elle se dirigea vers la sortie et jeta un oeil anxieux au dehors : l'homme était toujours là sous le auvent de l'un des stands voisins, passant la foule au crible de son regard acéré. Elle lança un regard désemparé en direction du vendeur qui achevait la fermeture du stand. Ce dernier, voyant bien que quelque chose n'allait pas, s'approcha et jeta discrètement un coup d'oeil en tirant un pan de la toile du stand :
- Hum... Votre copain semble très obstiné, mais j'ai déjà eu affaire à ce genre de type, venez !
Sur ces mots, il ferma le stand de l'intérieur et se dirigea vers le fond où il décala quelques caisses, dévoilant une sortie de secours. Une fois dehors, ils se faufilèrent dans une ruelle, puis dans une autre, empressés comme deux enfants qui jouent à cache-cache... Ils débouchèrent sur une place où ils reprirent leur souffle et partagèrent un éclat de rire commun. Le jeune homme proposa à Royan de la raccompagner chez elle. Epuisée par les derniers évènements, elle n'eut pas le courage de refuser et le suivit jusqu'à sa moto, un modèle japonais noir superbe. Il monta dessus et enfila son casque. Elle grimpa prestement derrière lui, passant ses mains autour de sa taille.
- Accrochez-vous bien, cet engin en a sous la carrosserie ! la prévint-il, avant de démarrer.

- Où voulez vous que je vous dépose ? demanda-t-il en s'arrêtant à un feu rouge.
Royan lui donna l'adresse de sa soeur.

Une fois sur place, la jeune fille descendit avec légèreté et remercia son nouvel ami :
- Merci de m'avoir déposée... ! Je m'aperçois que je ne connais même pas votre nom ! s'émut-elle.
- Roman...
- Moi c'est Royan, murmura-t-elle après une courte hésitation.
- Eh bien Royan, merci à vous d'avoir un peu égayé ma journée d'habitude si barbante !

Angie, surgissant à ce moment là, détailla d'un regard circonstancié le jeune homme qui se tenait près de Royan. Son allure faussement négligée, le rouge vif de ses cheveux complètement ébouriffés, ses vêtements noirs et les bijoux qu'il portait... Tout cela dégageait quelque chose de très rock'n'roll ! Plutôt maigre, il avait néanmoins un très beau visage mangé par deux grands yeux d'un bleu limpide... Royan, le visage à demi dissimulé par ses cheveux sombres, jeta un regard provocateur à sa soeur. Prenant visiblement conscience du malaise, Roman se décida à prendre congé de Royan.
- Peut être nous recroiserons nous dans l'avenir... En tout cas je crois que ca ne me déplairait pas...
- Qui sait ? répondit évasivement Royan, consciente que ce ne serait sans doute jamais le cas à moins d'une incroyable coïncidence.
Puis il redémarra sa moto et fila.

- Je peux savoir qui c'était ? fit Angie en lançant à Royan un regard plein de reproches.
- Un ami, je crois que j'ai encore le droit d'en avoir, non ? ! répliqua posément Royan.
- Si on rentrait maintenant, j'ai froid ! clama-t-elle, coupant court à toute conversation.
Joignant le geste à la parole elle grimpa l'escalier et rentra, suivie de près par Angie.

# Posté le lundi 03 avril 2006 16:36

Modifié le lundi 16 juillet 2007 08:02

33è partie

Une fois rentrée, Royan se réfugia dansa sa chambre. Là, elle repensa à cet homme qu'elle avait fui, ombre échappée de son passée, et elle se demanda comment le destin pouvait être si cruel en la remettant aussi vite face à un passé dont elle préférait oublier jusqu'à ce qu'il avait pu être...

*******
Un peu plus tard
Les deux soeurs discutaient lorsque Angie dit à Royan :
- Au fait, je viens seulement d'y repenser mais j'ai conservé quelques affaires qui t'appartenaient... Je pense que tu aimerais les récupérer...
- Quelques affaires... ?
- Oui... Des vêtements, de petits objets...
- Que... Qu'est devenu l'appartement où nous vivions, Jesse et moi... ?
Gênée, Angie dut apprendre à Royan que l'appartement avait été vidé et qu'un important tri avait été fait parmi son contenu.
- Et les affaires de Jesse, que sont-elles devenues ?
- Sa famille a récupéré l'essentiel mais il doit y avoir quelques trucs dans les cartons que j'ai récupéré.
- Où sont-ils ?
- Je les ai laissés dans la garage, tiens voilà la clef... fit-elle en la lui tendant.

*******
Royan mis très vite au jour la pile de cartons entassés dans un recoin. Elle en ouvrit un au hasard et y retrouva de vieux vêtements, quelques livres et de la paperasse, bref rien de très palpitant. Le second lui donna plus d'émotions : il contenait des cahiers remplis de notes et de croquis par Jesse... Elle les feuilleta et y découvrit plusieurs petits dessins adorables la représentant, elle. Elle hésita à fouiller davantage tant elle se sentait troublée, néanmoins elle poursuivit sa tâche. Dans le troisième carton, elle fut émerveillée de retrouver une guitare que Jesse lui avait offerte à une occasion très spéciale. Elle la serra contre elle et tenta d'en tirer quelques notes mais l'instrument avait visiblement besoin d'un bon nettoyage ! Du quatrième et dernier carton, elle dégagea une série de photos pêle-mêle qu'elle n'eut pas le courage de regarder sur l'instant, ainsi que plusieurs bijoux qu'elle adorait porter par le passé et qu'elle s'empressa de réenfiler. Elle découvrit soudain un cordon de cuir brun auquel était fixée une sorte d'amulette que Jesse aimait porter. Elle hésita quelques secondes avant de l'attacher à son cou.
33è partie

# Posté le vendredi 07 avril 2006 13:00

Modifié le lundi 09 juillet 2007 17:11